Questions à… Marc Fumaroli - Co-commissaire de l’exposition

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 10 décembre 2010 - 231 mots

Comment avez-vous appréhendé cette exposition ?
Il s’agit d’un sujet très difficile. Le néoclassicisme est une notion tardive qui ne recouvre que partiellement la vie artistique en Europe entre 1750 et 1815. Pourquoi cette Europe des Lumières, qui croit dans le progrès, s’est-elle retournée vers l’antique dans le domaine des arts ? L’exposition donnera l’occasion de réfléchir sur ce « en arrière toute ! ». 

Pourquoi vous être intéressé à ce sujet ? 
J’ai toujours été passionné par la querelle des Anciens et des Modernes. Ce mouvement de redécouverte des formes antiques s’est produit plusieurs fois dans l’histoire de l’Europe. Il y a peu de civilisations qui se soient à ce point rajeunies en revenant en arrière, comme c’est le cas dans ces renaissances successives. L’Antiquité est restée très longtemps pour l’Europe un critère, une norme, un répertoire de formes que beaucoup, même les plus modernes, n’ont pas songé à anéantir. 

Pourquoi ce lien à l’antique ? 
La culture générale comportait au xviiie siècle une grande dose d’auteurs et d’images laissés par l’Antiquité. Mais tout le monde n’est pas fasciné par l’antique, notamment à Paris, ville mondaine qui a le goût rocaille. Cet art pose alors un problème au gouvernement royal qui veut renouer avec un style qui a de la grandeur, de la simplicité, et qui soit digne de la monarchie française. L’antique offrait alors une antithèse esthétique au rocaille.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°631 du 1 janvier 2011, avec le titre suivant : Questions à… Marc Fumaroli - Co-commissaire de l’exposition

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