jardin

Quand la nature fout le camp

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 30 janvier 2008

Le titre induisant une opposition, « Art ou Nature » aurait pu être le second opus d’une réflexion menée à La Beauté à Avignon durant l’été 2000, sur les splendeurs de Dame Nature confrontées à des prouesses artistiques. Malheureusement, de cette exposition, le Sénat n’a rien retenu, préférant foncer tête baissée dans une lecture des plus larges d’un thème trop vague pour encore susciter une vraie curiosité. Sans plus de prétention que celle d’établir « un état des lieux » de trente années d’une création particulièrement sensible à la nature, « Art ou Nature » tape dans tous les registres. Cinq « haltes » ponctuent un parcours amorcé dans l’orangerie selon une sélection classique. Pour le formalisme pictural d’après-guerre (le premier arrêt), on annonce Bazaine, De Stael, Ubac... et des « nuagistes » comme Burri, Benrath et Duvillier pour le second regroupement.  On retrouve sans étonnement tant les ténors du genre avec Giuseppe Penone et Anna Mendieta dans la « halte 3 » que les inévitables Land artists de la quatrième section : Christo, Richard Long ou Andy Goldsworthy. Jusqu’ici la sélection n’installe pas l’exposition dans l’art très contemporain qui fourmille pourtant d’idées séduisantes lorsqu’il s’agit de nature (Olafur Eliasson), d’écologie (les époux Harrison), de jardin ou de paysage. L’impression est confirmée par la cinquième facette, un choix de peintres de la figuration comme Cueco ou Rebeyrolle.  Bref, rien de bien original. La dynamisation du thème et son ouverture viendront peut-être des artistes invités à intervenir dans le jardin même si la plupart des propositions se cantonnent à une illustration plutôt littérale de leur rencontre avec la nature. Entre les abris pour oiseaux de Sophie Clerom, les nénuphars métalliques de Philippe Amiel, ou les sculptures d’Hervé di Rosa, le parcours révèle que ces artistes aiment la nature mais sans pour autant opérer une réflexion de fond sur le rapport que le promeneur entretient aujourd’hui avec son environnement.

- PARIS, orangerie et jardin du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, tél. 01 42 34 33 99, 18 mai-15 juin (orangerie), 18 mai-21 septembre (jardin).

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°537 du 1 juin 2002, avec le titre suivant : Quand la nature fout le camp

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque