Victoria %26 Albert Museum, Londres (Grande-Bretagne)

Postmodernisme : cadence presque parfaite

Jusqu’au 15 janvier 2012

Par Pierre Morio · L'ŒIL

Le 17 novembre 2011 - 368 mots

Cet hiver, le Victoria & Albert Museum, à Londres, continue l’exploration des grands moments de l’histoire de l’architecture et du design du XXe siècle. Et si les expositions sur l’Art nouveau et l’Art déco semblaient plus évidentes dans leur propos, la tâche se montre plus ardue avec ce volet sur le postmodernisme.

Car comment réussir à définir une notion étendue dans cette démonstration sur vingt ans ? Surtout quand ces deux décennies ont été marquées par de forts bouleversements géopolitiques et sociétaux.

L’exposition prend comme point de départ un événement, considéré par l’historien américain Charles Jencks comme le passage à une nouvelle ère : la destruction de la cité Pruitt-Igoe, à Saint-Louis, dans le Missouri, le 15 mars 1972. Cet ensemble de bâtiments avait été conçu en 1951 par l’architecte Minoru Yamasaki et était l’un des symboles de l’architecture moderniste aux États-Unis. Sur cette idée de table rase du passé, les commissaires déroulent ensuite un parcours en trois parties, esquissant un mouvement dont l’essentiel des recherches porte sur le style.

La notion de « bricolage » et de pastiche permet aussi d’expliquer ce qui unit ces créateurs, avec un recyclage évident des formes, mais aussi l’emploi de matériaux composites. Les références à l’antique sont appuyées, tout en jouant sur le détournement. Les réalisations de Ricardo Bofill et la Neue Staatsgalerie de Stuttgart, réalisée entre 1977 et 1984 par Stirling et Wilford, modifient les échelles de grandeur, parfois jusqu’au kitsch. Une part importante est aussi réservée aux recherches et aux réalisations du groupe Memphis, dont les objets aux couleurs flashy plongent le visiteur dans un univers ludique et contestataire, rejetant le fonctionnalisme des années modernistes.

Le parcours s’ouvre à la musique, au cinéma, mais, à vouloir tout embrasser, mal étreint en passant sous silence la danse. Alors que les recherches chorégraphiques ont fait preuve d’un réel postmodernisme en renouvelant les mouvements, en s’affranchissant des conventions établies depuis des décennies. On pense aux chorégraphies de Trisha Brown, de Merce Cunningham faisant appel à la musique de John Cage et aux décors et costumes de Robert Rauschenberg. Un manque qu’il aurait peut-être été bon de combler.

Voir « Postmodernism, style and subversion 1970-1990 »

Victoria & Albert Museum, Cromwell Road, Londres, www.vam.ac.uk

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°641 du 1 décembre 2011, avec le titre suivant : Postmodernisme : cadence presque parfaite

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