Lundi 10 décembre 2018

Pierre Buraglio, l’invité du musée

L'ŒIL

Le 1 avril 2004 - 345 mots

Pendant deux ans, au rythme de deux jours par mois, Pierre Buraglio (né en 1939), s’est rendu dans les salles et les réserves du musée des Beaux-Arts de Lyon, sélectionnant des œuvres dans les cinq départements avant de rejoindre son atelier pour travailler à partir de celles-ci à des créations originales. Ce projet d’inviter un artiste contemporain à réfléchir sur les collections permanentes du musée, dont l’idée revient à Christian Briend – commissaire de l’exposition et directeur par intérim du palais Saint-Pierre jusqu’à la récente nomination de Sylvie Ramond –, offre l’occasion pour l’institution de renouer avec un art contemporain qui l’avait désertée en 1995, lors de l’ouverture du musée d’Art contemporain.
Au final, Buraglio a produit une soixantaine de peintures, de collages, de découpages, de dessins au crayon et au fusain qui constituent autant de variations sur, autour ou d’après des toiles et des sculptures de toutes les périodes, certaines très connues comme le Saint François de Zurbarán ou Nave Nave Mahana de Gauguin, d’autres qui le sont moins comme les paysages d’Auguste Ravier ou La Sauterelle d’Étienne Martin. Ce travail « d’après » n’est pas nouveau pour Pierre Buraglio, qui n’a jamais cessé d’interroger la peinture et ceux qui en ont marqué l’histoire (Mondrian camouflé, 1968). Plus étonnant est ce retour franc à la peinture traditionnelle pour celui qui, avec les membres du groupe Supports-Surfaces (Bioulès, Viallat…) dans les années 1970, se plaisait à en déstructurer les éléments (châssis, toile, pigments…) pour s’intéresser à la matérialité même de l’œuvre d’art. Cette « résidence » un peu particulière a inspiré à Pierre Buraglio des compositions très classiques où la figure humaine occupe une place essentielle. Peu d’audace formelle donc, mais un ensemble cohérent où pointe l’humour lorsque l’artiste rend hommage à Sisley, qu’il dessine les sandales manquant au Saint François de Zurbarán ou propose une étude de torchon inspirée d’une draperie de Dürer.

« Pierre Buraglio. Avec qui ? À propos de qui ? », LYON (69), musée des Beaux-Arts, 20 place des Terreaux, Ier, tél. 04 72 10 17 40, 15 janvier-2 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°557 du 1 avril 2004, avec le titre suivant : Pierre Buraglio, l’invité du musée

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