Samedi 15 décembre 2018

Peter Schmersal

Encore et toujours la peinture

Par Roxana Azimi · L'ŒIL

Le 1 mars 2006 - 326 mots

Les œuvres de l’Allemand Peter Schmersal, présentées par la galerie Karsten Greve jusqu’au 15 avril, auraient pu être décriées voilà dix ans, dans un climat peu propice à la peinture figurative. L’artiste n’en a pas moins persévéré dans sa démarche.
« Pourquoi la peinture figurative ? Aucun concept artistique ; aucune réalisation dans le sens d’arranger ou d’harmoniser ; aucune idée théorique ou optique. L’objet est le point de concentration », déclarait Peter Schmersal en 1990 lors de sa première exposition parisienne. L’idée est claire, il s’agit d’utiliser l’objet comme prétexte pour un processus interne. « L’objet est peut-être resté le même depuis des siècles, mais il est possible que ma relation à cet égard soit différente, ou que ma façon d’aborder les choses soit pour moi authentique. Dans ce sens, il n’y a plus rien de nouveau
– que pourrait-on créer de nouveau en peinture ? Ce sont des concepts creux ; ils ne valent plus rien d’après moi », poursuit l’artiste. De telles positions donnent lieu à une peinture presque anachronique, lointain tribut à Pierre Chardin et Giorgio Morandi. Une facture timide, parfois fade, proche de celle qu’expérimentent aujourd’hui certains jeunes artistes polonais.
Quinze ans plus tard, rien n’a changé. La stratégie de Schmersal reste celle « des petits pas », soulignée par le critique d’art Christoph von Wolzogen. Même économie des moyens, même réduction chromatique, le camaïeu beige ou grisâtre cédant la place à des couleurs plus rosées ou bleutées. Objets et personnages sont toujours isolés, saisis sur des fonds rapidement brossés. Certaines images intriguent, comme ce costume accroché sur un cintre presque en lévitation. Rien d’anormal sauf que l’habit semble être celui d’un unijambiste. Dans d’autres toiles, Schmersal se veut plus expressif, voire expressionniste. Ses grandes femmes nues, presque écorchées, évoquent certaines œuvres de Georg Baselitz, la fougue en moins.

« Peter Schmersal, peintures récentes », galerie Karsten Greve, 5 rue Debelleyme, Paris IIIe, tél. 01 42 77 19 37, 3 mars-15 avril.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°578 du 1 mars 2006, avec le titre suivant : Peter Schmersal

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