Lundi 17 décembre 2018

Art contemporain

Par-delà les nuages

Fondation François Schneider - Jusqu’au 30 septembre 2018

Par Anne-Cécile Sanchez · L'ŒIL

Le 29 août 2018 - 331 mots

Depuis son ouverture en 2013, le Centre d’art de la Fondation François Schneider s’est fixé une thématique unique : l’eau, dans tous ses états.

Ce parti pris est célébré dès l’arrivée par l’installation From Here to There, de Renaud Auguste-Dormeuil, offrant de plonger du regard dans un tunnel liquide, débouchant, de l’autre côté du globe, en plein Pacifique… Entrée dans la collection de la Fondation via son concours annuel des Talents contemporains, cette œuvre in situ donne la mesure de l’ambition d’un lieu situé au carrefour des territoires français, suisse et allemand, qui entend se démarquer dans le paysage culturel. Cet été, l’eau s’y condense sous la forme d’un « Atlas des nuages ». Un titre d’exposition qui fait référence à une nomenclature scientifique, autant qu’il s’inscrit dans une tradition des représentations artistiques. Des drapeaux imprimés d’Anne Immelé (But… the Clouds) plantés sur le parvis aux volutes chimiques de la vidéo Celeste d’Hicham Berrada, les cumulus et autres nimbus sont traités, littéralement, comme un motif. Celui-ci sert aussi de prétexte à un panorama enlevé de la création contemporaine vue à travers une sélection internationale de vingt artistes et une grande variété symbolique des œuvres. Contemplative (Deep Below de Shilpa Gupta), ambivalente (White Night de Feng Li), politique (Forever Immigrant de Marco Godinho), entre vapeurs d’eau et particules fines, nébuleuse et fumigènes, chacune porte un regard différent sur le monde. Et invite, pour certaines, à en être acteur, tel Cloud, sculpture lumineuse du duo Caitlind Brown & Wayne Garrett, sorte de manège figé à déclencher en s’emparant de l’un des cent cinquante interrupteurs pendus au bout d’une chaînette. Le Centre d’art a d’ailleurs vocation à présenter à l’avenir davantage « d’installations immersives et spectaculaires », explique sa nouvelle directrice, Marie Terrieux. Orientation grand public qui vise à drainer plus de visiteurs – aujourd’hui, 8 000 par an. Au pied des Vosges, le cadre est enchanteur, et aux beaux jours, on peut y déjeuner sur la terrasse, sous un ciel bleu où passent, sans s’attarder, quelques nuages.

« L’Atlas des nuages »,
Centre d’art contemporain de la Fondation François Schneider, 27, rue de la Première-Armée, Wattwiller (68), wwww.fondationfrancoisschneider.org

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°715 du 1 septembre 2018, avec le titre suivant : Par-delà les nuages

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