Dimanche 25 février 2018

Novarina face à ses choix

L'ŒIL

Le 10 décembre 2007

Valère Novarina est un artiste total. Une sorte de Cocteau contemporain, mais plus sauvage, plus énigmatique. D’abord acteur, puis metteur en scène et écrivain, musicien à l’occasion, Novarina se révèle être aussi un excellent peintre et un connaisseur avisé des arts plastiques. Dans le cadre des « cartes blanches » qu’il offre régulièrement à une personnalité du monde culturel, le Centre Georges Pompidou l’a invité à disposer à sa fantaisie une sélection d’œuvres du XXe siècle dans sa galerie d’art graphique. L’esthétique défendue par Novarina, quel que soit le domaine, est toujours fugitive, spontanée et incertaine. Aussi en appelle-t-il à « une peinture mouvante, apparaissant-disparaissant, par accès, par crises, par danses, une peinture soufflée et comme faite par un acteur ». Avec Antonin Artaud, Jean Dubuffet, Jean Fautrier ou Louise Bourgeois, les choix de sa carte blanche répondent à cette conception. Chacun à leur manière, ces artistes réinventent le monde en lui conférant un « état d’instabilité » et une « inquiétude rythmique ». Aux côtés de ces noms célèbres, la carte blanche de Valère Novarina permet de s’initier à l’univers méconnu de Constant Rey-Millet, artiste qu’admirèrent entre autres Dubuffet et Giacometti. Sa série de dessins aux crayons de couleur aquarellés, réalisés en 1957-1958 joue sur une sorte d’inachèvement très émouvant et profondément mystérieux. Oublié ou ignoré, ce créateur est aujourd’hui à (re)découvrir. En parallèle à des œuvres que l’on sent à vif, parfois même violentes, comme l’impressionnant Totenmaske d’Arnulf Rainer, Novarina a également choisi d’exposer de splendides encres de chine de Kandinsky, plus sereines, ou des Études pour Soffio de Giuseppe Penone. Le parcours qu’il propose est sans temps mort, où alternent l’angoisse et la quiétude. Valère Novarina nous fait entrer dans son champ esthétique et mental.

Paris, Centre Pompidou, IVe, tél. 01 44 78 12 33, 23 avril-9 juin.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°547 du 1 mai 2003, avec le titre suivant : Novarina face à ses choix

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