Nouveaux artistes géorgiens

L'ŒIL

Le 1 septembre 1999

« Dans ces pays libérés du joug du réalisme socialiste, on assiste depuis lors à la recherche d’une véritable identité au sein d’une situation complexe, et ce en dépit d’un désir d’adaptation aux règles et orientations de ce que nous nommons scène internationale », écrit Anne Tronche, commissaire de l’exposition « Au verso de l’histoire », réunissant six artistes géorgiens qui forment un groupe depuis 10 ans, et qui ont choisi pour exprimer cette recherche de leur identité (bien difficile aujourd’hui à identifier), le mode de l’installation : photo/texte/ objet/vidéo. Une réaction bien compréhensible contre peinture et sculpture qui désormais signifient là-bas académisme et morale. Il est intéressant de noter que tous, quels que soient leur médium et leur technique, utilisent les mots. Les mots jouent un rôle essentiel, sont synonymes de survie et peuvent seuls redonner la voix à une parole trop longtemps étouffée. Et tous de se demander aussi à quoi peut bien encore servir l’art contemporain surtout dans un pays comme le leur. Ainsi de l’Ophélie virtuelle de Oleg Timchenko, des vues d’ambassade de Tbilissi et des mots brodés à l’ancienne de Koka Ramishvili, des miroirs morbides au kitsch angoissant de Manana, Dwali, des espaces collectifs où le bruit remplace la parole, et des photos de corps bandés de Shalva Khkhanashvili et de Nicko Tsetskhladze, ou des écritures caviardées et illisibles de Iliko Zautoshvili.

SCHILTIGHEIM, Coopératives des bouchers, Biennale Mitteleuropa, 10 septembre-17 octobre. Renseignements : 01 64 62 77 00.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°509 du 1 septembre 1999, avec le titre suivant : Nouveaux artistes géorgiens

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