Mercredi 19 décembre 2018

galerie

Noël Dolla, côté ménager

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 mai 2001 - 235 mots

Membre actif du groupe Supports-Surfaces dès le début de son aventure, Noël Dolla a utilisé comme support les torchons de son propre trousseau de mariage. Marqués d’une empreinte colorée faite à l’aide de morceaux de feutre le plus souvent ronds et servant de tampons, les Torchons et Traces de Dolla de 1971 comptent à l’inventaire d’une œuvre qui cherche à faire « éclater l’idée de tableau comme lieu privilégié de la peinture », selon les mots de l’artiste lui-même. Dans cette qualité d’intention, le recours à une matérialité domestique, proprement « ignoble » (comme le disaient les futuristes en opposition aux sujets nobles) constitue chez lui l’un des axes majeurs de sa production. Dolla aime en effet travailler ce qu’il nomme son « côté ménager » et se plaît à exploiter les ressources plastiques, voire sémantiques, de la serpillière, du torchon, du gant de vaisselle ou de l’étendoir. Bref, de toutes sortes d’objets usuels, jusque-là inédits dans le champ de l’art. Essuyer, étendre, recouvrir, frotter, astiquer, accrocher, suspendre, ce sont là des activités qui sont propres à la peinture et que Noël Dolla veut nous faire partager, pour mieux nous en faire apprécier la nature et le plaisir physiques. Une suite d’œuvres récentes témoigne de sa façon très personnelle de « débarbouiller la peinture de ses préjugés ».

- PARIS, galerie Chez Valentin, 9, rue Saint-Gilles, tél. 01 48 87 42 55, 27 avril-2 juin.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°526 du 1 mai 2001, avec le titre suivant : Noël Dolla, côté ménager

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