Nils-Udo, l’homme nature

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 novembre 1999

Il n’est plus temps de présenter l’œuvre de Nils-Udo. Depuis plus de 25 ans, en effet, l’artiste n’a de cesse de parcourir le monde en quête de situations et de matériaux qui lui permettent de faire valoir ce qu’il en est de l’osmose essentielle qui fait de l’homme une partie de la nature. Du moins est-ce à l’affirmation d’une telle pensée qu’il s’applique, dans cette qualité de réflexion philosophique à laquelle adhérait quelqu’un comme Goethe, l’un de ses compatriotes.

De l’idée de nature dans l’art contemporain, l’œuvre de Nils-Udo instruit un nouveau chapitre par cette façon qu’a l’artiste de travailler dans et avec elle, de l’employer tout à la fois comme objet et sujet, comme vecteur et support. Son travail est d’une totale radicalité. Il n’utilise rien d’autre que ce que la nature lui offre. D’un état premier de nature à celui d’artifice, il y a donc chez lui l’écart d’un surprenant paradoxe puisque tous les arrangements qu’il établit sont proprement factices.

De plus, il les constitue pour le seul acte et le bref laps de temps d’une prise de vue. C’est bien là toute la grandeur de l’art de Nils-Udo. Il n’est pas dit en effet que sous le couvert de situations bel et bien vivantes, Nils-Udo ne soit finalement l’un des meilleurs auteurs de natures mortes, dans la plus pure tradition d’un Chardin. La photographie n’est-elle pas par nature de l’ordre d’une fixation ? Non pas nature morte mais Stillleben, comme on dit en allemand, c’est-à-dire vie calme.

VASSIVIÈRE, Centre d’Art contemporain, jusqu’au 9 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°511 du 1 novembre 1999, avec le titre suivant : Nils-Udo, l’homme nature

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