Photographie

Nadar

L’inventeur du portrait en photographie

Le musée d’Orsay ouvre une importante exposition consacrée à Félix Tournachon dit Nadar (1820 - 1910) , qui a été en photographie l’inventeur du portrait psychologique. Il a su doser la lumière, mettre en valeur l’expression du personnage, se servir de sa silhouette, ou de son apparat, à tel point qu’à une époque où la peinture était la seule référence, on le comparait à Rembrandt ou Van Dyck.

PARIS - L’exposition organisée par le Musée d’Orsay et le Metropolitan Museum of Art de New York, avec le concours de la Bibliothèque Nationale, est centrée à juste titre sur l’art du portrait photographique. Dans ses ateliers de la rue Saint-Lazare, puis du boulevard des Capucines, Nadar a photographié non seulement ses proches, mais également des peintres comme Daumier, Delacroix, des écrivains et des poètes tels Dumas, Baudelaire ou Nerval, des acteurs comme Sarah Bernhardt…

L’exposition offre des pièces irremplaçables : 150 tirages originaux d’une grande qualité artisanale, chefs d’œuvre inédits ou méconnus. Une sélection remarquable, à une époque où les expositions sont en grande majorité réalisées avec des tirages contemporains. Elle veut rendre hommage à  Nadar le Grand – Félix – face à son fils, Paul, qui dirigea un atelier commercial de la fin des années 1880 au début du XXe siècle. "Ce qui ne s’apprend pas, c’est le sentiment de la lumière, l’intelligence morale du sujet, c’est le côté psychologique de la photographie", disait le père.

Le Fonds Beato
De son côté, le Centre national de la Photographie, CNP, consacre une exposition au même XIXe?siècle, mais dans un tout autre contexte et dans un pays radicalement différent, le Japon. L’Empire du Soleil levant vit une époque charnière de son histoire. Il sort de son isolement pour s’ouvrir à l’Occident. Felice Beato, qui s’était spécialisé dans le reportage "exotique", arrive en 1863 dans l’archipel. Il y restera près de 15 ans et fonde le premier magazine japonais de langue anglaise le Japan Punch. Il constitue un fonds documentaire unique sur les coutumes locales, devenues aujourd’hui des archétypes du Japon : les geishas, les lutteurs de sumo, les moines… Marqué par le pictorialisme, Beato traite chaque photographie comme un tableau tandis que l’un de ses amis, Charles Wirgman, aquarelliste, colorie les épreuves en s’inspirant des estampes japonaises. Leurs collections appartiennent aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale et à la Société française de Géographie, en particulier.

Par ailleurs, le CNP présente une autre exposition à l’Institut du Monde Arabe, IMA , consacrée à "L’Orientalisme photographique". Après les peintres, les photographes ont pris la route de l’Orient. Béchard a ouvert un studio, Maxime Du Camp a fait des "relevés photographiques", Lehnert & Landrock ont diffusé en Occident les archétypes du Maghreb…

Nadar, Musée d’Orsay, 9 juin - 11 septembre. L’exposition sera ensuite présentée au Metropolitan Museum of Art de New York, du 3 avril au 4 juin 1995. Le catalogue est enrichi d’un luxueux cahier de reproductions en pleine page et quadrichromie, dont 88 portraits (Editions RMN, prix 450F). Un colloque international, \"Autour de Nadar : portrait et figure dans la photographie et les arts visuels\" aura lieu les 8 et 9 septembre à l’auditorium du Musée d’Orsay.

Le Fonds Beato, Centre National de la Photographie, Hôtel Salomon de Rothschild, 11 rue Berryer 75008 Paris, 1er juin - 31 juillet. Un \"Photo Poche\" est édité (58 F).

\"L’Orientalisme Photographique\", Institut du Monde Arabe, 6 juin - 28 août. Un \"Photo Poche\" accompagne également l’exposition (60 F).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Nadar

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