Dimanche 26 janvier 2020

Tate Modern, Londres jusqu’au 16 janvier 2011

Mythes et mystères de Paul Gauguin

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 28 octobre 2010 - 318 mots

Belinda Thomson retient à peine un sourire de fierté. Alors que son mari, commissaire de l’exposition « Monet » au Grand Palais, revient tout juste de l’inauguration, elle ouvre à son tour l’exposition « Gauguin » à Londres, l’autre événement phare de l’année.

Pour la première fois depuis cinquante ans en Angleterre, un musée, la Tate Modern, réunit une centaine de tableaux, dessins, croquis et sculptures de cet artiste postimpressionniste (1848-1903) dont les œuvres sont fortement marquées par ses voyages à Pont-Aven, à la Martinique et à Tahiti.

Embrassant toute la carrière de Gauguin, l’exposition entend mettre en lumière ses stratégies narratives, c’est-à-dire la manière dont il sut nourrir et construire son art à partir de mythes, de fables, de références imaginaires ou réelles. En se décrivant lui-même comme un sauvage ou un héritier des Incas, en inventant des personnages très colorés, Gauguin se démarqua du mouvement impressionniste et créa un mythe autour de sa personnalité (Autoportrait avec Manao Tupapau, 1893-1894). « Gauguin veut à tout prix intriguer et rechigne à ce que son travail soit d’emblée compréhensible. Il est volontiers mystificateur et crée intentionnellement différents niveaux de lecture dans son œuvre », explique Belinda Thomson.

Que ce soit par le biais de ses autoportraits, auxquels l’exposition dédie une salle entière, de ses paysages,de  ses natures mortes, de ses tableaux de femmes ou encore de ses scènes sacrées (La Vision après le sermon ou la Lutte de Jacob avec l’ange, 1888), l’artiste se plaît à rendre son œuvre mystérieuse, étrange et exotique, quitte à donner à ses tableaux des titres en tahitien, qui sont souvent des bribes de conversation. La vie plus ou moins aventureuse de Gauguin auprès de jeunes vahinés, tout autant que son génie créateur, lui confère une place à part à la charnière de l’impressionnisme et de l’art moderne.

Voir

« Gauguin : Maker of Myth », Tate Modern, Londres (Grande-Bretagne), tél. 020 7887 8888, www.tate.org.uk.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°629 du 1 novembre 2010, avec le titre suivant : Mythes et mystères de Paul Gauguin

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