Dimanche 25 février 2018

Mystère et spiritualité

Grenade consacre à Alonso Cano une vaste rétrospective

Le Journal des Arts

Le 1 février 2008

Peintre, architecte et sculpteur, Alonso Cano est l’artiste espagnol le plus connu du Siècle d’or. L’Hospital real de Grenade lui consacre
une rétrospective exhaustive, réunissant un ensemble d’œuvres provenant de musées et de collections particulières du monde entier.

GRENADE (de notre correspondante) -En accord avec la Contre-Réforme, Ignacio Henares Cuellar, commissaire de l’exposition “Alonso Cano (1601-1667)”, a situé l’axe majeur de la rétrospective dans le rapport de l’artiste avec la spiritualité. Fondé sur la prière personnelle, le courant jésuite semble avoir été pour l’artiste une source majeure d’inspiration et d’invention plastique. Ouvrant la rétrospective, “La réforme de la spiritualité” montre l’importance du sujet pour l’artiste avec des œuvres telles Saint François de Borja (1624) du Musée des beaux-arts de Séville , ou La Peinture comme éloquence divine et La Prière intérieure. Y apparaissent également différentes versions de la Crucifixion qu’Alonso Cano a réalisées à Grenade selon un traitement évoquant des visions. Passant de la manière sévillane par ses choix iconographiques et esthétiques à une technique plus académique ancrée dans les préceptes théoriques de son maître Francisco Pacheco, le peintre espagnol introduit dans ses œuvres le paysage et rompt ainsi avec le traditionnel fond neutre.
Le Christ à la colonne, provenant de Bucarest, est l’un des tableaux majeurs de l’exposition. En rapport avec son ancien compagnon d’apprentissage, Diego Velázquez, ce tableau dont il émane une sensualité impropre jusqu’alors à la peinture religieuse, révèle la minutie de l’étude anatomique. Avec une série de vierges,  la section intitulée “La beauté spirituelle” met en évidence l’importance du mystère de l’Immaculée Conception à cette époque, dont témoigne une monumentale tête de vierge qui provient pour sa part de Budapest. Sous l’épigraphe “L’artiste courtisan” se dissimulent des œuvres peu connues du grand public telle Junon, une figure inhabituelle chez les artistes espagnols. Dans cette représentation de la déesse, Alonso Cano laisse voir son intérêt pour la représentation du nu, malgré son penchant notoire pour l’art religieux. Ébauches, dessins et projets d’architecture de retables animent la section “Dessins et projets architecturaux”, dont la plupart furent présentés l’année dernière au Musée du Prado. Avec ses tableaux provenant de nombreux musées étrangers et de collections privées, “Alonso Cano, spiritualité et réforme artistique” offre l’occasion d’apprécier à sa juste valeur l’œuvre de cet artiste du Siècle d’or espagnol.

- ALONSO CANO. SPIRITUALITÉ ET MODERNITÉ ARTISTIQUE, jusqu’au 19 mars, Hospital real, Cuesta del hospicio, Grenade, tél. 34 958 20 64 90, tlj sauf samedi et dimanche 9h-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°143 du 22 février 2002, avec le titre suivant : Mystère et spiritualité

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