Mercredi 17 octobre 2018

Multiples visages de l’icône

Confrontation heureuse des différentes écoles

Le Journal des Arts

Le 1 janvier 1996 - 334 mots

Soixante-cinq icônes des mondes byzantin, russe, copte, éthiopien et arabo-chrétien, exposées au Pavillon des arts, mettent en lumière la diversité des styles et des techniques de ces images cultuelles de l’Église d’Orient. À ne pas manquer, un rare ensemble de six œuvres éthiopiennes, du XVe au XVIIIe siècle, provenant d’une collection particulière.

PARIS - Alors que l’icône est généralement considérée comme un genre figé dans des règles im­muables et des schémas répétitifs, le grand mérite de l’exposition du Pavillon des arts est de présenter cet art liturgique dans toute sa variété. La présence, aux côtés des icônes gréco-byzantines et russo-slaves bien connues, d’icônes proche-orientales, et surtout éthiopiennes, est à ce titre pleine d’enseignements.

Nul besoin de lire les panneaux explicatifs pour apprécier les variations sensibles : alors que l’iconographe occidental part de la nuance la plus sombre pour parvenir graduellement jusqu’à la plus claire, son homologue éthiopien parcourt le chemin exactement inverse. Il recouvre son panneau de bois des surfaces les plus claires (fond de l’icône, fond clair des visages, surfaces claires des vêtements) aux plus sombres (masques rouges des visages, lignes noires des contours, bordures des vêtements). Pour rappeler que le Christ est venu répandre la lumière sur les ténèbres, les visages des icônes occidentales sont illuminés progressivement ; en ajoutant au contraire les ombres dans un ton plus sombre, l’école éthiopienne se rapproche davantage de la peinture traditionnelle.

Sur les soixante-cinq icônes exposées, qui s’échelonnent des VIe-VIIe siècles au XIXe siècle, cinquante-sept appartiennent à des collections françaises publiques et, principalement, privées. Parmi les pièces en provenance de l’étranger, deux belles icônes byzantines du temps des Paléologues (1261-1453), prêtées par la Menil Collection de Houston, quatre icônes en provenance de l’Église Saint-Nicolas de Tripoli au Liban, et une icône prêtée par Sa Béatitude Ignace IV, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient.

VISAGES DE L’ICÔNE, Pavillon des arts, Forum des Halles, Paris, jusqu’au 4 février. Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 11h30 à 18h30. Pas de vestiaire. Catalogue, éditions Paris-Musées, 220 F.

La Kunsthalle de Vienne propose, jusqu’au 31 janvier, une exposition qui entend montrer comment la foi, l’espérance, l’amour et la mort ont été abordés à divers moments de l’histoire de l’art. "The Picture of the Earth : Body and Image" met l’accent sur deux moments clés : l’apparition de la peinture moderne dans l’Europe chrétienne des XIVe et XVe siècles et la recherche de nouveaux modes d’expression qui caractérise notre siècle. Aux cent soixante gravures et dessins de maîtres (Fra Angelico, Albrecht Dürer…) prêtés par l’Albertina de Vienne, viennent s’ajouter cent cinquante œuvres d’art du XXe siècle, en provenance de collections publiques et privées du monde entier, réalisées par Francis Bacon, Hans Bellmer, Joseph Beuys, Günther Brus, Christo, Marcel Duchamp, Lucio Fontana, Walter de Maria, Bruce Nauman, Yves Klein et Andy Warhol.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°21 du 1 janvier 1996, avec le titre suivant : Multiples visages de l’icône

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