Jeudi 13 décembre 2018

musée

Morbidezza parmesane

L'ŒIL

Le 1 octobre 2000 - 202 mots

Dans la première moitié du XVIe siècle, Parme devient l’un des principaux foyers artistiques d’Italie du Nord, grâce à deux très grands peintres : Corrège et Parmesan. Antonio Allegri, dit Corrège (1489-1534), surtout connu pour ses grands décors plafonnants et pour ses merveilleuses peintures mythologiques, créa un univers d’un luminisme diapré, d’une douceur extatique, avec une tendresse exquise (morbidezza) dans le traitement des chairs, et un sens du mouvement déjà baroque. Son élève Francesco Mazzola, dit Parmigianino (le Parmesan en français, 1503-1540) fut quant à lui l’un des grands maîtres du maniérisme italien. Son style, d’une élégance exacerbée, avec ses formes serpentines, ses figures alambiquées et précieuses, exagérément souples connut une diffusion et un succès considérables dans toute l’Europe. Tous deux furent d’exceptionnels dessinateurs et c’est cet aspect de leur œuvre que présente l’exposition de Londres, à travers pas moins de 130 feuilles. Principalement lié, pour Corrège, à la genèse et l’élaboration des peintures, le dessin est aussi pour Parmesan le moyen le plus direct pour exprimer l’idée, le véritable outil de ses recherches formelles. L’artiste illustre ainsi parfaitement la théorie maniériste qui désigne par le mot disegno à la fois le dessein et le dessin.

LONDRES, British Museum, 6 octobre-7 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°520 du 1 octobre 2000, avec le titre suivant : Morbidezza parmesane

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