Mixage pictural

L'ŒIL

Le 1 septembre 1999

Que faut-il entendre par « <Transphère> », titre donné à l’exposition du FRAC Poitou-Charentes ? En cette fin du XXe siècle qui aura été celui de l’éclatement de l’art moderne dont l’enrichissement et la diversification ont été constants, l’invention formelle considérable, on a souvent assisté à une relecture d’un passé artistique proche au service d’une problématique résolument contemporaine. Ainsi, Ugo Rondinone utilise une cible peinte au spray sachant pertinemment qu’il s’agit là d’une iconographie lourde de sens puisqu’elle est le symbole de la modernité en peinture, via Jasper Johns ou encore Robert Delaunay. La modernité est ici doucement parodiée. John Tremblay reprend l’ovale et le squircle (rectangle aux coins arrondis), formes issues du Op’Art et d’une certaine culture sixties, mixés avec les couleurs des objets de consommation des années 90, afin de souligner qu’aujourd’hui la croyance dans les nouvelles technologies ou les nouvelles matières a remplacé les idéaux des années 60. De même les peintures de configurations d’ordinateur de Miltos Manetas ne manquent pas d’évoquer quelque peinture monochrome abstraite. Quant à Stéphane Magnin avec Objet d’art et de commerce imparable il reprend la technique du dripping, rendue célèbre par Jackson Pollock, dans une pratique plus impersonnelle.
Ce transfert d’une œuvre à l’autre peut s’assimiler à un mixage, pratique semblable à celle des D-J mélangeant différents types de musique afin d’obtenir une musique techno, à la fois unique et multiple. Une vingtaine d’œuvres réparties sur deux niveaux tentent de répondre à cette problématique.

ANGOULÊME, FRAC Poitou-Charentes, jusqu’au 27 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°509 du 1 septembre 1999, avec le titre suivant : Mixage pictural

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