Mercredi 17 octobre 2018

Max Ernst

Onirisme graphique

L'ŒIL

Le 1 décembre 2005 - 346 mots

« Il se peut qu’un peintre sache ce qu’il ne veut pas. Mais malheur à lui quand il prétend savoir ce qu’il veut ! Un peintre se perd en se trouvant », affirmait Max Ernst (1891-1976). Cette phrase résonne comme le manifeste de celui qui n’a jamais cessé de chercher et d’innover, aux côtés de ses camarades du groupe dada (cf. L’œil n° 574) ou au cœur de l’effervescence surréaliste. Quelle que soit la pratique – peinture, sculpture, dessin, gravure, collage, frottage, roman-collage… –, Max Ernst s’impose comme l’inventeur d’un monde singulier né d’associations d’idées et d’images, d’expérimentations techniques incongrues qu’il maîtrise parfaitement.
Son imagination débordante, alliée à un rejet catégorique de se laisser enfermer dans une discipline, le mène « au-delà de la peinture » – pour reprendre le titre de son ouvrage paru en 1937 – et fait de lui un artiste inclassable.
Son œuvre graphique, qui regroupe tant ses gravures que certains collages retravaillés, ses frottages et ses illustrations pour de nombreux ouvrages (de poésies notamment), constitue peut-être la part la plus créative de ses recherches. L’exposition proposée dans le cabinet d’Arts graphiques du musée des Beaux-Arts, réalisée en collaboration avec le Goethe Institut de Nancy, réunit un corpus de 170 gravures et lithographies, auxquelles s’ajoutent 26 livres. De quoi parcourir l’ensemble de sa carrière depuis 1919 – premières expositions de Max Ernst aux côtés de Jean Arp, Picabia, Baargeld et Tzara – jusqu’en 1974, date de sa dernière série de collages pour un ouvrage de Werner Spies.
Un ensemble remarquable d’illustrations réalisées pour des textes de Paul Eluard (Répétitions), Antonin Artaud, André Breton, Benjamin Péret (Je sublime) ou Tristan Tzara, apparaît comme l’un des points forts de l’exposition. Les livres écrits par l’artiste occupent aussi une place importante, avec les œuvres composées pour La Femme 100 têtes, Une Semaine de Bonté – collage, vernis-mou, eau-forte – ou les frottages élaborés pour le recueil Histoire naturelle (1926), qui conjuguent motifs végétaux, animaux fantastiques et personnages, éléments les plus emblématiques du monde onirique de Max Ernst.

« Max Ernst, œuvres gravées », musée des Beaux-Arts, 3 place Stanislas, Nancy (54), tél. 03 83 85 30 72, 1er octobre-2 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°575 du 1 décembre 2005, avec le titre suivant : Max Ernst

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