Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis (59)

Matisse et le choc de l’art esquimau

Jusqu’au 6 février 2011

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 17 décembre 2010 - 323 mots

Alors qu’Henri Matisse (1869-1954) commence la réalisation de la chapelle de Vence, travail qui occupera l’essentiel de son temps pendant quatre ans, sa fille Marguerite le sollicite en janvier 1948 pour illustrer Une fête en Cimmérie, un livre écrit par son mari Georges Duthuit.

Ce texte fantastique et poétique évoque le monde des Inuits aux coutumes ancestrales, confronté à la modernité nord-américaine. Matisse découvre à cette occasion l’exceptionnelle collection de masques inuits collectés par son gendre et observe avec intérêt des photos rapportées par les explorateurs polaires. Inspiré par ces masques et ces clichés, l’artiste réalise des « dessins suraigus » exécutés avec une saisissante économie de moyens : quelques lignes suffisent à l’artiste pour déterminer les traits caractéristiques de chacun de ses modèles.

Les trente-et-une lithographies, l’aquatinte, les épreuves annotées et les dessins d’étude réalisés pour illustrer Une fête en Cimmérie viennent de rejoindre les collections du musée Matisse du Cateau-Cambrésis grâce à la générosité de Barbara et de Claude Duthuit, petit-fils de Matisse. Bâtie autour du choc éprouvé par Matisse lors de sa découverte du monde esquimau, cette exposition conçue par Dominique Szymusiak, conservatrice du musée, réussit une rare alliance entre plaisir et sérieux scientifique. De nombreux documents, livres, manuscrits et photos permettent de découvrir l’effervescence qui régnait dans les milieux artistiques et intellectuels dans l’immédiat après-guerre. En compagnie d’André Breton, de Max Ernst, de Robert Lebel et de Claude Lévi-Strauss, Georges Duthuit découvre à New York l’art inuit et constitue une remarquable collection de masques, présentée dans les deux premières salles de l’exposition aux côtés des dessins et gravures qu’ils ont inspirés. Quatorze masques esquimaux du xixe siècle conservés au musée de Boulogne-sur-Mer complètent cet ensemble. L’exposition se termine par un florilège de « masques » dessinés par Matisse à différentes périodes de son long parcours.

Voir

« Les Esquimaux vus par Matisse. Georges Duthuit : Une fête en Cimmérie »,
musée Matisse, palais Fénelon, Le Cateau-Cambrésis (59), www.cg59.fr,jusqu’au 6 février 2011.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°631 du 1 janvier 2011, avec le titre suivant : Matisse et le choc de l’art esquimau

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