Mercredi 20 novembre 2019

Galerie des Gobelins

Maîtres « ès cartons »

Jusqu’au 24 juillet 2011

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 20 avril 2011 - 329 mots

Le trio réunit un maître illustre et deux élèves moins connus peut-être, mais aussi brillants que lui ! Puisant à des sources différentes, ils se retrouvent égaux en excellence et contribuent avec une identique puissance au rayonnement de l’art italien de la tapisserie.

Raphaël d’abord, l’auteur de huit cartons de tapisseries centrées sur le thème des Actes des apôtres et conçus pour la chapelle Sixtine. Ces cartons, enroulés, sont envoyés en 1515 à Bruxelles pour exécution. Recevant de nombreuses commandes, définissant des méthodes, un style et un répertoire dont l’Europe entière hérite, Raphaël ouvre un atelier si florissant qu’il élimine toute concurrence possible. Formé à cette prestigieuse école, Giovanni da Udine (1487-1564), qui tout jeune observait les animaux et les plantes, introduit avec une évidente réussite dans la rigueur académique des tentures de l’époque le décor des grotesques, vocabulaire ornemental alors peu répandu qui s’allie aux narrations de l’église primitive avec intelligence et finesse. Il devient lui-même un dessinateur accompli et reprend à la mort de son mentor certains travaux laissés en attente. Enfin Jules Romain (1499-1546), le disciple favori, l’architecte méconnu, le peintre cartonnier de tapisseries historiques destinées notamment aux Gonzague qui régnèrent sur Mantoue pendant près de quatre siècles. 

Pour témoigner de la créativité de ces trois artistes sont réunis vingt tissages qui proviennent de la collection personnelle de Louis XIV qui avait rassemblé environ deux mille cinq cents pièces. À côté de l’admirable Aveuglement d’Elymas de Raphaël, se déploient le glorieux Triomphe de Minerve de Giovanni da Udine et l’ample fresque de l’Histoire de Scipion de Jules Romain. Si la liberté de chacun s’exprime selon ses axes propres, certains croisements subtils soulignent l’appartenance à une même école. Le rôle des lissiers des Gobelins a été déterminant pour assurer la sauvegarde et la transmission de ces chefs-d’œuvre.

Voir

« L’ Éclat de la Renaissance italienne. Tissages d’après Raphaël, Giovanni di Udine, Jules Romain », Galerie des Gobelins, 42, avenue des Gobelins, Paris XIIIe, www.mobiliernational.fr, jusqu’au 24 juillet 2011.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°635 du 1 mai 2011, avec le titre suivant : Maîtres « ès cartons »

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