Lundi 24 septembre 2018

Mac/Val

Un nouvel accrochage plus contemporain

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 26 juillet 2007 - 384 mots

Avec deux cent mille visiteurs au terme de sa première année d’existence, le musée d’Art contemporain du Val-de-Marne, installé à Vitry-sur-Seine, n’a rien à envier à bon nombre de ses semblables.

Certes, son succès n’est pas étranger au phénomène de nouveauté qu’il représente – il est le premier en son genre à prendre pied en banlieue parisienne –, mais il tient autant à l’intérêt de sa collection qu’à la qualité de sa programmation. D’une part, les deux premières expositions personnelles de Jacques Monory et de Claude Lévêque étaient de très bon niveau ; de l’autre, le premier accrochage de la collection valait bien celui d’institutions plus rodées.
La collection, c’est elle qui justifie historiquement l’entreprise du Mac/Val. Créée dès les années 1970, elle rassemble un nombre très important d’œuvres toutes tendances, toutes générations et tous styles confondus. Si d’aucuns la jugent par trop éclectique, elle a le mérite de proposer au regard un généreux panel de la création artistique telle qu’elle s’est développée en France depuis 1960.
On a pu en apprécier un premier pan depuis l’ouverture du musée ; en voilà un deuxième, avec des passages de toute première qualité. Celui-ci cherche à se distinguer en offrant au visiteur – comme l’écrit Alexia Fabre, conservateur en chef en charge des collections – à « se retrouver face à soi, et face aux autres, avec des œuvres qui traitent du corps, de sa présence au monde, de sa représentation, du regard donc ».
C’est toute la question de la figure qui est en jeu. À ce compte, les photos de Valérie Belin, celles de Philippe Ramette, la Cabane éclatée de Buren, le Bar séduire de Jean-Luc Vilmouth sont autant de propositions diverses parmi d’autres qui l’imposent, l’abîment ou l’invitent à s’asseoir. Ailleurs, la salle consacrée à Gina Pane projette cette figure au cœur d’une problématique existentielle et d’une réflexion sur elle-même dans son rapport à l’autre.
C’est dire la multiplicité des entrées et des pistes qui sont offertes au regard. C’est d’ailleurs là l’intérêt des accrochages du Mac/Val – du moins pour ce qu’il en a été jusqu’alors : rien n’est imposé, tout y est proposé, à chacun d’y trouver sa propre nourriture.

« Être présent au monde, nouvel accrochage de la collection », Mac/Val, place de la Libération, Vitry-sur-Seine (94), tél. 01 43 91 64 20, depuis le 9 février.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°591 du 1 mai 2007, avec le titre suivant : Mac/Val

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque