Dimanche 20 octobre 2019

Ma quête d’architecture

Archilab expose la collection du FRAC Centre à Orléans

Par Christian Simenc · Le Journal des Arts

Le 29 août 2003 - 715 mots

La cinquième édition d’Archilab, les Rencontres internationales d’architecture d’Orléans, fait une pause prospective, en choisissant d’exposer une grande partie de la collection de dessins et de maquettes d’architecture du FRAC Centre. La manifestation change de formule et deviendra biennale à partir de 2004.

ORLÉANS - Les cinquièmes Rencontres internationales d’architecture d’Orléans, baptisées “Archilab”, sont effectivement “une édition entre parenthèses”, comme l’indique Marie-Ange Brayer, directrice du FRAC (Fonds régional d’art contemporain) Centre et commissaire de la manifestation. “Entre parenthèses” parce qu’elles coïncident, cette année, avec l’anniversaire, sur le plan national, des vingt ans des FRAC (lire p. 9), lesquels ont dû, davantage qu’à l’accoutumée encore, mettre en valeur leurs collections. Celle du FRAC Centre, esquivant au passage l’art contemporain, s’est focalisée sur l’architecture. “Entre parenthèses” aussi parce que cette édition 2003 annonce un bouleversement complet. Dès l’an prochain, en effet, ce n’est plus le directeur du FRAC Centre, comme il était de mise, qui assurera le commissariat d’Archilab mais une personnalité invitée, en l’occurrence, pour 2004, le critique d’architecture néerlandais Bart Lootsma. En outre, cette manifestation annuelle se transformera en... biennale. Ainsi, la septième édition, programmée pour 2006, devrait, selon Marie-Ange Brayer, “concorder avec l’installation du FRAC Centre à l’intérieur des bâtiments des anciennes Subsistances militaires”, cœur du dispositif actuel d’Archilab.
Pour l’heure donc, la manifestation 2003, qui s’intitule “Architectures expérimentales 1950-2000”, est surtout l’occasion de montrer un large aperçu de l’ensemble de dessins et maquettes d’architecture qui constitue, depuis 1991, la collection du FRAC Centre. Il y a le fonds, imposant, quelque 500 maquettes – plus de 200 sont exposées – et 10 000 dessins – plus de 400 présentés –, et la forme, une exposition de 2 800 m2, répartie en cinq lieux emblématiques de la ville. Pas vraiment chronologique, encore moins thématique, le parcours Archilab 2003 s’attache à dessiner une histoire, en miniature, de l’architecture mondiale des années 1950 à nos jours, avec ses surprises et ses lacunes. On navigue allègrement entre critique et utopie, entre des monolithes impassibles et une architecture éclatée, celle notamment de la déconstruction. Il faut impérativement faire la distinction entre deux types de maquettes : celles qui ont véritablement servi à l’étude d’un projet ou à un jury de concours, et celles réalisées après coup, qui n’ont d’autre ambition que d’être séduisantes. La visite est néanmoins passionnante.

Maquettes “en chair et en os”
Deux agences ont eu droit à des expositions monographiques. Une petite salle de la médiathèque d’Orléans présente la Bibliothèque nationale de France, à Paris, de Dominique Perrault, en pleine phase d’évolution (1989-1995), tandis que le sous-sol du Musée des beaux-arts fait une large place au duo autrichien Eilfried Huth et Günther Domenig avec, en particulier, le projet Medium Total (1969-1970), une étrange architecture pensée comme un organisme biologique mutant. Le site des Subsistances militaires accueille, lui, les “Architectures expérimentales”, notamment celles des années 1950-1960. Édifices-cellules, habitacles gonflables et autres mégastructures y évoquent les recherches et les utopies d’alors. Seule manque, au milieu de moult projets de villes spatiales, quelque exploration des Métabolistes japonais (Kikutake, Kurokawa, Tange...). Dans les locaux du FRAC Centre, “Italie radicale” montre des projets de la fin des années 1960, dont quelques perles : les “Histogrammes d’architecture” du groupe Superstudio, les “Lits de rêve” néokitsch du collectif Archizoom ou encore la “No-Stop City” – une acquisition 2003 – d’Andrea Branzi, morceau de ville qui, dans un jeu de miroirs, se répète à l’infini. Enfin, une rue plus loin, dans la collégiale Saint-Pierre-Le-Puellier, l’exposition “Anticipations immédiates” exhibe une sélection de projets récents, prospectifs, en cours de réalisation, voire déjà construits.
Lors des quatre précédentes éditions – près de 150 architectes du monde entier exposés –, l’utilisation à outrance de l’imagerie virtuelle a parfois rebuté certains visiteurs. Le recentrage, cette année, sur des maquettes “en chair et en os” ne devrait que favoriser l’accès à un public plus large. Même si la première d’entre elles, achetée en 1991, “The Slow House” (Élisabeth Diller et Ricardo Scofidio), est plutôt une drôle de maison : elle n’a ni début, ni fin, n’est que mouvement, empêchant, de fait, toute forme d’habiter. Un comble !

ARCHILAB 2003

1er septembre-12 octobre, site des Subsistances militaires, 88 rue du Colombier, 45000 Orléans, tél. 02 38 53 06 16, www.archilab.org, tlj 11h-19h, le lundi 14h-19h. Catalogue “Architectures expérimentales 1950-2000�?, éditions Hyx, 65 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°175 du 29 août 2003, avec le titre suivant : Ma quête d’architecture

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