musée

L’esprit de l’encre

L'ŒIL

Le 1 décembre 1999 - 224 mots

Cette exposition vient judicieusement « compléter » celle du Musée Cernuschi, en montrant comment la peinture chinoise à l’encre a perduré tout au long du XXe siècle, comment, dans un pays aux traditions millénaires, cet art a pu garder sa spécificité tout en s’ouvrant à la modernité. Ces « Maîtres de l’encre » sont Chang Dai-Chien (1899-1983), T’ang Haywen (1927-1991) et Zao Wou-ki (né en 1921). Tous trois sont parfaitement informés de l’art occidental, le premier a voyagé dans le monde entier, les deux autres se sont installés en France en 1948.
C’est essentiellement la rencontre avec l’expressionnisme abstrait qui fut déterminante pour l’évolution de leur art. Très enraciné dans la tradition, Chang Dai-Chien a su l’infléchir et la renouveler par sa technique de la « peinture éclaboussée ». Celle-ci procède par grandes taches abstraites, rendues « imageantes » par l’adjonction de détails concrets. T’ang Haywen et Zao Wou-ki se sont quant à eux totalement affranchis de la fonction figurative et se rattachent pleinement aux courants de l’abstraction nés dans les années 50. Mais ils ne sauraient se confondre avec leurs congénères occidentaux, animés par la volonté de rupture. Eux sont dans une continuité, habités par « l’esprit » de l’encre, un très vieux savoir, une pensée très longue, qui donnent à leurs créations un aspect d’intemporelle modernité.

PONTOISE, Musée Tavet, jusqu’au 6 février.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°512 du 1 décembre 1999, avec le titre suivant : L’esprit de l’encre

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