Mardi 18 septembre 2018

Les Nymphéas de Monet refleurissent à l’Orangerie

L'ŒIL

Le 1 juin 2006 - 362 mots

Les travaux de réhabilitation du musée de l’Orangerie, envisagés dès 1994, décidés en 1998 et initiés en 2000, sont terminés, après de multiples rebondis­sements. Notamment celui de 2003, lorsque est mis à jour en creusant le sous-sol un fragment du mur d’enceinte des Fossés jaunes, datant du XVIe siècle.
Chef-d’œuvre offert à l’État par Claude Monet, l’ensemble mural monumental des Nymphéas, peint entre 1914 et 1926, redevient aujourd’hui le « centre » du musée de l’Orangerie. Celui-ci abrite également la collection Jean Walter et Paul Guillaume (important marchand d’art parisien engagé dans la promotion de l’art moderne), riche de cent quarante-quatre œuvres d’artistes aussi prestigieux que Soutine, Modigliani, Matisse, Derain, Utrillo et Picasso.
Construite en 1852, l’Orangerie accueille à partir de 1927 Les Nymphéas de Monet. Le lieu est alors transformé, selon le vœu du peintre, pour offrir à l’œuvre qui s’étend en deux salles ovales la meilleure des présentations. L’éclairage est naturel, par le biais d’un plafond de verre et d’un vélum textile.
Les réaménagements effectués par Olivier Lahalle en 1960, destinés à mettre en valeur les œuvres de la collection Jean Walter et Paul Guillaume, avaient quelque peu éclipsé Les Nymphéas. Lorsque l’architecte modifie le bâtiment, il obstrue le puits de lumière et construit un grand escalier destiné à mener le visiteur directement dans les salles Walter-Guillaume.
Le projet de restauration du bâtiment a été guidé par le désir de retrouver l’Orangerie telle qu’elle avait été aménagée en 1927. Les travaux ont donc consisté à éliminer les transformations des années 1960. Le plancher d’Olivier Lahalle a été supprimé, la verrière recréée et les ouvertures multiples retrouvées, pour permettre une libre circulation et un accès de plain-pied du jardin des Tuileries aux salles des Nymphéas.
La collection Walter-Guillaume, dont l’accrochage a été entièrement repensé par Pierre Georgel, directeur du musée, se déploie quant à elle en de nouveaux espaces d’exposition creusés sous le jardin, éclairés également de façon zénithale grâce à une saignée au niveau du sol sur toute la longueur de la façade nord. Les chefs-d’œuvre conservés au musée de l’Orangerie ont donc enfin retrouvé l’écrin qu’ils méritent.

Musée de l’Orangerie, jardin des Tuileries, Paris Ier, à partir du 17 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°581 du 1 juin 2006, avec le titre suivant : Les Nymphéas de Monet refleurissent à l’Orangerie

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