Mercredi 23 octobre 2019

Musée Groeninge, Bruges

Les Flamands et les Européens de l’Est

Jusqu’au 30 janvier 2011

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 17 décembre 2010 - 399 mots

Avis aux visiteurs peu attentifs : gare à la déception. Car le titre séduisant de cette nouvelle exposition proposée par le musée Groeninge de Bruges, « De Van Eyck à Dürer », est trompeur.

S’il laisse présager d’une grande synthèse du meilleur de l’art flamand et allemand des XVe et XVIe siècles, il n’en est rien. Le sujet explore en réalité les rapports entre la peinture flamande et les artistes du centre et de l’est de l’Europe, de la Bavière aux Pays-Baltes, en passant par la Silésie. 

Le musée poursuit ainsi la thématique des confrontations de ses riches collections de primitifs flamands, initiée en 2002 avec une première manifestation dédiée aux rapports entre le sud de l’Europe et les Flamands. La démonstration vaut cette fois-ci pour une période allant de 1432, date d’achèvement du Retable de l’Agneau mystique de Van Eyck et 1521, date du voyage d’Albrecht Dürer aux Pays-Bas.

Dans un parcours qui regroupe près de quatre cents œuvres, l’exposition démontre donc que si les œuvres de Van Eyck, dont la célèbre Vierge au chanoine Van der Paele, qui appartient aux collections du musée, ont eu une notoriété très forte bien au-delà des anciens Pays-Bas, c’est tout l’art flamand qui a su séduire les artistes européens. Les œuvres de Van Eyck, Hugo Van der Goes ou Dieric Bouts ont ainsi été connues grâce à la venue de nombreux artistes en Flandres, mais surtout par le biais de gravures qui ont diffusé leur art jusque dans les contrées les plus reculées. 

Pour tout artiste de l’époque, maîtriser l’art de peindre à la flamande était par ailleurs un atout pour séduire des commanditaires, d’où la multiplication de copies anciennes de peintures brugeoises. Mais les échanges eurent parfois lieu dans les deux sens. Entre 1520 et 1521, c’est avec tous les honneurs que l’Allemand Albrecht Dürer est accueilli aux Pays-Bas. Son œuvre, largement diffusée par la gravure, aura à son tour une influence considérable dans ces contrées. Et l’un des plus célèbres Brugeois, Hans Memling, était aussi allemand d’origine. Si le sujet de cette exposition, qui révèle quelques peintures méconnues, ne manque donc pas d’intérêt, il aurait toutefois mérité d’être présenté avec une sélection d’œuvres plus resserrée. Cela afin d’éviter de saturer l’œil, même le plus averti.

Voir

« De Van Eyck à Dürer, les primitifs flamands et l’Europe centrale, 1430-1530 »,
musée Groeninge, 12, rue Djiver, Bruges (Belgique), jusqu’au 30 janvier 2011.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°631 du 1 janvier 2011, avec le titre suivant : Les Flamands et les Européens de l’Est

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