Vendredi 14 décembre 2018

Les brèves: La Fondation Cartier, Dubuffet...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1995 - 933 mots

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente jusqu’au 10 septembre, le peintre américain Tom Wesselmann, une des figures fondatrices du Pop Art, et le créateur zaïrois "d’extrêmes maquettes" Bodys Isek Kingelez. En dialogue avec la dizaine de sculptures, d’architectures imaginaires de ce dernier, est présentée une machine de Jean Tinguely, Tombeau de Kamikaze.

Dubuffet. La Fondation Emile Hugues à Vence consacre jusqu’au 30 octobre une exposition à l’artiste qui, à partir de 1955, séjourna dans ce village. Une centaine d’œuvres permet de retracer les thèmes chers au peintre, en composant autour de pièces majeures des ensembles évocateurs et significatifs.

Vincent Bioulès: parcours, 1965-1995" est le titre de l’exposition proposée par le Musée de Toulon jusqu’au 30 novembre. Initialement proche du groupe "Support/Surface", l’artiste est ensuite passé de la peinture abstraite et de tableaux monochromes, à une peinture figurative, réintroduisant les thèmes et les sujets de l’art occidental : paysages, natures mortes, portraits, nus...

Rétrospective Andy Warhol. Jusqu’au 1er octobre, un ensemble de plus de deux cent peintures, sculptures, gravures, sérigraphies et photographies est exposé au Musée Olympique et à la Fondation de l’Hermitage de Lausanne. Si ces institutions s’intéressent à Andy Warhol, c’est aussi parce que, à la fin de sa vie, vers 1985, il entreprit avec Jean-Michel Basquiat, quelques compositions de grand format rendant hommage aux sports modernes.

Plus de 40 artistes chinois contemporains sont présentés au Palais Bénédictine de Fécamp jusqu’au 17 septembre. L’exposition montre les œuvres de sculpteurs et de peintres établis hors de Chine, dont Zao Wou-Ki et Chen Zhen. Les travaux de beaucoup d’entre eux sont marqués par les contradictions nées de la confrontation de leur propre culture à celle de l’Occident.

Francesco Clemente est au Château de Chenonceau, jusqu’au 5 novembre. Avec le concours de la galerie Bruno Bischofberger, celui-ci présente une cinquantaine de pastels sur papier spécialement créés pour cette exposition.

Les langages d’Harald Klingelhöller
Depuis le début des années quatre-vingt, Harald Klingelhöller réinvente, à l’écart des clichés convenus de l’art contemporain, une forme de sculpture exigeante. Fruits d’une méditation sur les expressions linguistiques courantes qu’elles ont pour titre, ses sculptures n’en sont surtout pas l’illustration. Car l’ambition de Klingelhöller est évidemment autre : elle consiste à structurer sur le mode poétique les relations entre la parole, l’espace et l’expérience humaine.

Faites de papier, de carton, de pierre volcanique, de plâtre et de verre, celles-ci ne désignent pas plus qu’elles ne se réfèrent à des réalités. Elles sont plutôt comme des interrogations tangibles et inépuisables, présences insolites et graves dans l’espace commun. Une exposition collective, intitulée "Insomnie", aura également lieu tout l’été dans les autres bâtiments attenant au château de Kerguehennec.
- Harald Klingelhöller, Domaine de Kerguehennec, 56500 Bignan (Tél : 97 60 44 44), jusqu’au 20 septembre.

Philip Guston ou la modernité revisitée
Philip Guston (1913-1980) est l’une de ces figures trop insolites pour bénéficier d’une gloire durable et tapageuse. Il fut d’abord l’un des héros de l’Expressionnisme abstrait aux côtés de Jackson Pollock qu’il connut très jeune. Il fut même l’un de ceux qui cédèrent le plus volontiers aux dogmes rigides de la modernité américaine, forgés entre autres par Clément Greenberg. Aucune raison de douter du destin de ce nouvel art quand ce dernier écrivait que "les forces qui faisaient l’art occidental ont émigré aux États-Unis en même temps que le centre de gravité de la production industrielle et le pouvoir politique".

En octobre 1970, sa "conversion" à la peinture figurative laisse le milieu new-yorkais incrédule. Mais il s’y tiendra jusqu’à la fin. "En renouant avec la figuration, écrit Didier Ottinger dans le catalogue, en faisant de son art la chronique de sa propre vie, Guston a conscience de transgresser l’ordre moderniste dans ce qu’il a de plus fondamental : son rapport au sujet." Le Musée de l’Abbaye Sainte-Croix présente environ trente-cinq dessins de 1975 à 1980, qui témoignent bien des issues audacieuses de l’œuvre de Guston.
- Philip Guston, dessins, Musée de l’Abbaye Sainte-Croix (Tél : 51 32 01 16), Les Sables-d’Olonne, jusqu’au 30 septembre.

Les arrêts sur image de Roy Lichtenstein
Avec 120 œuvres, le Palais des beaux-arts de Bruxelles reprend la rétrospective Roy Lichtenstein, présentée au Musée Guggenheim de New York. Lichtenstein est l’une des figures majeures du Pop Art américain. Dès 1961, il a eu l’idée de peindre l’image d’une bande dessinée en l’agrandissant. Mais les tableaux du maître du Pop, version BD, dépassent toujours la simple reproduction des comics. S’il reprend bien les traits noirs qui cernent les figures, les points qui trament les photogravures et les aplats brutaux de couleur, ces différents éléments sont agencés dans une démarche qui confine à l’abstraction.

L’ironie et la distance font également partie intégrante du travail de l’artiste, qui a fréquemment réalisé des pièces monumentales. Cette rétrospective permet de voir des œuvres, qui sont surtout connues par leurs reproductions.
- ROY LICHTENSTEIN, Palais des beaux-arts de Bruxelles, jusqu’au 3 septembre.

Hélion à Colmar
Au Musée Unterlinden, 24 peintures et 24 dessins proposent jusqu’au 3 septembre une lecture de l’œuvre de Jean Hélion autour du thème de La figure tombée. La peinture de l’artiste laisse apparaître dès 1936 des figures, dont la Figure tombée de 1939 du Musée national d’art moderne est l’ultime illustration.

Ce tableau est une œuvre capitale, mais aussi la charnière qui consacre l’aboutissement de la période abstraite et le passage à la figuration. Après la guerre, le sujet est décliné dans des gisants rêveurs ou endormis, représentés seuls ou associés à un nu, un lecteur ou un journalier. À partir de 1951, ceux-ci sont liés aux mannequins représentés derrière la vitrine d’un chapelier. L’accrochage illustre la permanence d’un thème qui n’a cessé d’habiter Hélion jusqu’en 1983.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°16 du 1 juillet 1995, avec le titre suivant : Les brèves: La Fondation Cartier, Dubuffet...

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