réouverture

Les Arts et Métiers dépoussiérés

L'ŒIL

Le 1 décembre 1999

« On entre et on se trouve ébloui par cette conjuration qui réunit l’univers supérieur des ogives célestes et le monde chtonien des dévoreurs d’huiles minérales. » C’est ainsi que Umberto Eco évoque, dans son Pendule de Foucault, l’un des lieux les plus fascinants de la capitale.
Pur produit de l’esprit des Lumières, le Conservatoire fut fondé par l’abbé Grégoire et installé en 1798 dans l’église Saint-Martin-des-Champs, vouée désormais à la religion du progrès. Sa mission est de préserver le patrimoine technique, d’enseigner, et ainsi de stimuler l’innovation. Des chaires sont créées en 1819. Les collections, déjà riches de pièces anciennes comme les machines de Vaucanson ou les précieux dessins du Portefeuille industriel, s’enrichissent constamment. Ainsi le premier avion (Clément Ader, 1897), puis celui de Blériot (1909), prennent-ils place au Conservatoire. Mais l’enseignement de plus en plus abstrait se sépare peu à peu de la conservation, et le musée, vers le milieu du XXe siècle, sombre dans l’abandon. Aussi une réhabilitation s’imposait-elle. Une grande partie de cette collection unique au monde (80 000 objets, 15 000 dessins, du XVIe siècle à nos jours) a été installée dans de nouveaux locaux à La Plaine-Saint-Denis, alors que le bâtiment parisien bénéficie désormais d’une muséographie moderne. Souhaitons seulement qu’avec ce dépoussiérage, le vieux Panthéon des techniques n’ait rien perdu de sa poésie !

PARIS, Musée des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin, 75003 Paris, tél. 01 53 01 82 20, réouverture prévue fin janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°512 du 1 décembre 1999, avec le titre suivant : Les Arts et Métiers dépoussiérés

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