A l’école de Monsieur Ingres

L'ŒIL

Le 1 octobre 1999 - 264 mots

« Un seul trait sur un fond noir suffit, mais ce trait il faut le trouver ».
Telle est la leçon de Jean Auguste Dominique Ingres, celui que l’on appelait « Monsieur Ingres », par respect ou par ironie. Cette phrase a du résonner comme une litanie aux oreilles des 279 élèves qui fréquentèrent son atelier parisien, rue des Marais (actuelle rue Visconti), entre 1825 et 1834. L’année précédant l’ouverture de son atelier, l’artiste avait fait sensation au Salon de 1824 avec son Vœu de Louis XIII. Il profite illico de cette notoriété pour monter à Paris et revêtir la toge professorale, manière d’asseoir ses finances mais aussi de combler une paternité brimée. Parmi ses protégés, le jeune Chassériau, les Lyonnais Janmot et Chenavard ou les Genèvois Bovy et Menn. Ces jeunes émules restent en général deux à trois ans, le temps de s’initier à sa technique lente et minutieuse. De ce vivier émergeront un Prix de Rome en 1832 (Flandrin) et un courant, l’ingrisme, qui va prolonger loin dans le siècle la réputation du maître. Si ce dernier a suscité toute l’attention des historiens et conservateurs ces dernières années, ses élèves n’ont jamais donné lieu à une étude spécifique. « Tout porte à croire qu’ils avaient disparu dans un tiroir secret de l’histoire » déclare Georges Vigne, l’un des commissaires de cette exposition. Pour pallier cette lacune, les musées de Montauban et de Besançon s’associent pour réunir une centaine d’œuvres inédites signées Patry, Peyson, Poppleton, autour de la « maléfique » Madame de Loynes.

MONTAUBAN, Musée Ingres, 8 octobre-2 janvier, cat. 200 p.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°510 du 1 octobre 1999, avec le titre suivant : A l’école de Monsieur Ingres

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