Samedi 15 décembre 2018

Le point sur les primitifs

L'ŒIL

Le 1 mai 2004 - 376 mots

En 1904 eut lieu à Paris une mémorable exposition consacrée aux « Primitifs français ». Elle se proposait de mettre en valeur et d’explorer un patrimoine jusque-là négligé, et éclipsé par le prestige de l’art italien et flamand. Quelles qu’aient été les erreurs et les dérives nationalistes dont elle était entachée, l’exposition n’en marqua pas moins un tournant : l’existence d’une grande peinture française antérieure à Fontainebleau était désormais démontrée, et le véritable coup d’envoi aux études critiques était donné. Cent ans plus tard, une nouvelle et plus modeste exposition se propose à la fois de commémorer la manifestation de 1904 et de faire le point sur un certain nombre de « découvertes et redécouvertes » qui depuis ont enrichi notre connaissance de la peinture française desXIVe et XVe siècles. L’exposition ne se veut pas exhaustive. L’artiste le plus prestigieux, Jean Fouquet, qui avait fait l’objet d’une belle rétrospective l’an dernier (cf. L’Œil n° 547), en est absent. Par ailleurs, des pièces qui auraient pu y trouver place sont présentées dans l’exposition voisine et complémentaire, « Paris 1400 ». Trois grands dossiers forment le cœur de cette présentation. La scène parisienne est dominée par une lignée d’artistes : le maître de Dreux Budé (André d’Ypres), le maître de Coëtivy (Nicolas ou Colin d’Amiens), puis le maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne (Jean ou Louis d’Ypres). Leur activité ne se limite pas à la peinture de chevalet, mais s’applique à de multiples domaines : enluminure, vitrail, tapisserie, orfèvrerie.
La Provence est un des centres artistiques les plus riches de la période, notamment en raison de l’installation de la cour pontificale à Avignon au début du XIVe siècle.
De plus, la conservation d’une masse impressionnante d’archives a permis très tôt l’identification de maîtres tels que Nicolas Froment, Enguerrand Quarton, à qui Charles Sterling attribua la sublime Piétà d’Avignon, ou Barthélemy d’Eyck, dont le triptyque de L’Annonciation, exceptionnellement reconstitué, forme le clou de l’exposition.
Celle-ci révèle aussi des peintres très attachants, comme Josse Lieferinxe ou Nicolas Dipre. Le troisième dossier est consacré à Jean Poyer, figure dominante de l’« école de Tours » après la mort de Fouquet.

« Primitifs français », PARIS, musée du Louvre, aile Richelieu Ier, tél. 01 40 20 50 50, jusqu’au 17 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°558 du 1 mai 2004, avec le titre suivant : Le point sur les primitifs

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