Le Maroc en images

L'ŒIL

Le 24 juin 2008

Nul ne connaît exactement les origines des Gnaouas, cette communauté singulière que l’on rencontre au Maghreb. Certains pensent reconnaître dans leurs rites la survivance d’anciens cultes africains qui auraient fusionné avec le soufisme, la tendance mystique de l’Islam. Ces musiciens redoutés des populations marocaines convoquent les esprits lors de rituels confidentiels et ésotériques. Chaque rythme est associé à une couleur et génère un type particulier de transe.
Il faut guérir les possédés et donc composer avec les divinités malfaisantes. Pénétrer l’univers Gnaouas est donc presque impossible. C’est pourtant ce que vient de réaliser Arianne Smolderen pendant près de trois ans. Sur les traces du jazzman américain Randy Weston qui considère les Gnaouas comme des passeurs liant l’esprit des ancêtres au monde moderne, elle vient de réaliser une belle série de photographies de ce voyage aux confins du mysticisme. Exposées sobrement au Scribe, ces images illustrent la toute puissance d’une tradition où les corps se figent dans d’impossibles rencontres avec les divinités.  Au même moment, l’exposition de l’Hôtel de Sully doit se comprendre comme une belle promenade à travers l’histoire de la photographie marocaine. Aux regards orientalisants des explorateurs du XIXe siècle répond la découverte, par tout un pays, d’un nouveau mode de représentation. Longtemps interdite par l’Islam, la figure humaine est soudain convoquée, mise en scène.
De cet ensemble de photograhies disparates surgit l’extraordinaire œuvre de Gaëtan de Clérambault, ce psychiatre obsédé par les drapés, les plis et déplis des tenues marocaines.

PARIS, Hôtel Scribe, jusqu’au 31 novembre et Hôtel de Sully, jusqu’au 9 janvier, cat. 390 F.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°510 du 1 octobre 1999, avec le titre suivant : Le Maroc en images

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