Mercredi 21 février 2018

L’autochrome, « miracle de MM. Lumière »

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 28 janvier 2008

Premier procédé à avoir habillé de couleurs Paris comme beaucoup d’autres villes, l’autochrome a fêté en 2007 le centenaire de sa commercialisation. Une partie de l’exposition lui rend hommage.

La couleur enfin démocratisée
L’intérêt des photographes pour la couleur ne date pas de 1907, mais des origines de la photographie. Durant tout le xixe siècle en effet, les théories sur la couleur de Chevreul, de Thomas Young et de Goethe ont dominé les arts et les sciences. Deux physiciens, Edmond Becquerel et Gabriel Lippmann, ce dernier récompensé en 1908 par le prix Nobel, ont même très tôt réussi à enregistrer de la couleur sur supports sensibles. On sait donc depuis les années 1840 reproduire la couleur en photographie. Ce que l’on ne sait pas, en revanche, c’est la fixer et la conserver.
L’autochrome des frères Lumière qui, depuis 1883, travaillent dans l’usine de produits photo fondée par leur père, Antoine, apporte donc une solution très attendue. Le procédé consiste à apposer sur une plaque de verre un filtre trichrome constitué de grains de fécule de pomme de terre colorés en orange, vert ou violet, puis une seconde couche de gélatino-bromure d’argent photosensible. Filtrés par les milliers de grains colorés, les rayons lumineux atteignent ainsi la surface sensible pour former une image en couleur.
Dévoilé à l’Académie des sciences  en 1904, l’autochrome suscite d’emblée l’enthousiasme. « Je peux à peine le croire » écrit Fernand Monpillard. Dès 1907, l’enthousiasme se mue en succès commercial (6 000 plaques fabriquées chaque jour en 1913). Car à la complexité du procédé répond la simplicité d’utilisation. Nul besoin de changer d’appareil photo, ni même d’acquérir un savoir en chimie pour développer les plaques.
Certes, le procédé doit être amélioré : difficile à apprécier, le temps de pose peut atteindre plusieurs secondes, et l’image, observée par transparence, demeure non duplicable, un problème pour la presse. Pourtant, l’autochrome régnera en maître jusqu’à l’apparition des supports souples, dans les années 1930. Mais il s’agit déjà d’une autre histoire...

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°599 du 1 février 2008, avec le titre suivant : L’autochrome, « miracle de MM. Lumière »

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