Mercredi 19 décembre 2018

Justice

L'artiste Banksy au cœur d'un imbroglio belge

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 26 novembre 2018 - 419 mots

BRUXELLES / BELGIQUE

Le street-artiste britannique Banksy se retrouve malgré lui au cœur d'un imbroglio en Belgique, où la justice a fait placer sous séquestre 58 de ses œuvres en raison d'un défaut d'assurance, découvert tardivement par un exposant bruxellois.

Banksy Girl Balloon 2
Banksy, Girl with Balloon ou There is Always Hope, South Bank

L'information, révélée jeudi par le quotidien belge L'Echo qui a qualifié la décision d'"extrêmement rare", a été confirmée vendredi à l'AFP par l'avocat de l'exposant. "Ma cliente est une petite ASBL (association, ndlr) qui ne faisait que mettre à disposition un espace d'exposition. On a voulu se protéger face à un énorme risque", a affirmé Me Stanislas Eskenazi.

L'affaire est complexe. L'exposition "Banksy Unauthorized", ouverte début novembre dans un espace dédié au street-art et géré par l'ASBL Strokar, était comme son nom l'indique organisée sans l'accord du célèbre artiste natif de Bristol en Angleterre. Déjà passée par plusieurs villes européennes dont Berlin, selon Me Eskenazi, elle montrait 58 œuvres d'une valeur totale estimée à 15 millions d'euros... Des peintures, photos ou sérigraphies issues pour la plupart de collections privées, et rassemblées par Steve Lazarides, ancien agent de Banksy avec qui ce dernier a rompu en 2009.

Le rat de Banksy près du Centre Pompidou
Le rat de Banksy près du Centre Pompidou
© Photo Banksy

Agissant comme une sorte d'intermédiaire, une société établie en Allemagne, "On Entertainment", avait sollicité Strokar pour exposer dans la capitale belge. La firme affirmait bénéficier des droits et autorisations pour montrer ces œuvres. Mais dans quelles conditions ces droits d'exposition lui ont-ils été concédés ? Quid des assurances ? Et les collectionneurs propriétaires savaient-ils où et comment leurs œuvres voyageaient ? Ces questions doivent désormais être éclaircies par la justice belge dans les mois à venir, dans une procédure au fond opposant Steve Lazarides et sa société Lazinc à On Entertainment.

Selon Me Eskenazi, la firme allemande n'a pas souhaité produire les contrats d'assurance des œuvres quand Strokar les lui a demandés alors que l'exposition était déjà en cours. "Ils ont dit « c'est notre problème, pas le vôtre »", affirme l'avocat.

Face à ces incertitudes et au risque de problèmes en cas de vol ou dégradations, l'association a préféré saisir "en extrême urgence" le tribunal de commerce de Bruxelles. Celui-ci a désigné cette semaine un huissier pour mettre les œuvres sous séquestre. Chose faite jeudi. Les œuvres en question "paraissent être exposées sans l'accord des détenteurs légitimes de droits sur elles" et "pas régulièrement assurées", a justifié le tribunal de commerce, selon l'Echo. "Il y a des raisons de craindre pour leur intégrité, de sorte qu'il apparaît nécessaire de les sécuriser au plus vite", a-t-il ajouté.

Cet article a été publié par l'AFP le 23 novembre 2018.

Thématiques

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque