Mercredi 21 février 2018

L’art islamique fleurit à Doha

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 27 août 2007

Inutile d’aller dans l’état du Qatar au bord du golfe Persique pour découvrir le nouveau musée d’art islamique de Doha. Le Louvre nous en offre en avant-première une vue d’ensemble. Cet émirat se dote actuellement de tout un complexe de sites culturels, musées et bibliothèques, pour faire de sa capitale un haut lieu de l’architecture et de la culture.
Ce sont les architectes du Grand Louvre, Ieoh Min Pei et Jean-Michel Wilmotte, qui  ont été choisis pour réaliser le musée d’art islamique. Une maquette du projet est visible au Louvre, accompagnée d’une quarantaine des chefs-d’œuvre qui seront les fleurons de ce musée à Doha.
L’art du livre, du Coran, premier en terre d’islam, suppose la maîtrise de la calligraphie, un art non figuratif dont d’innombrables exemples ornent les céramiques et l’architecture. Les inscriptions en caractères coufiques alignent leurs hampes au fond des plats ou se lovent sur leurs bords. Et c’est aussi une calligraphie, admirable d’élégance, qui sert de signature, de tugra, à Soliman le Magnifique en 1559.
Calligraphie enfin sur cette lampe de mosquée mamelouk (1340-1350) où, grâce à une technique parfaitement maîtrisée, le texte se détache en caractères émaillés sur un lumineux fond doré.
Les arts des métaux s’illustrent dès le milieu du xe siècle à Cordoue avec une biche servant de bouche de fontaine en bronze coulé à décor superficiel gravé dont l’apparente raideur répond à une volonté d’abstraction – la figuration exacte étant jugée dangereuse par la religion. Trois siècles plus tard, le travail des métaux, célèbre à Mossoul, révèle sa parfaite maîtrise dans un coffret en bronze coulé dont toute la surface porte un décor incrusté d’argent. C’est le damasquinage complété de nielle, une pâte noire qui rehausse les contrastes visuels.
Comme un fil rouge parcourant l’exposition se vérifie l’alternance entre une abstraction voulue et la presque figuration qui souvent se fait jour. La représentation précise, interdite dans les mosquées, se déployait généreusement dans l’espace séculier. à partir des xiiie-xve siècles, elle orne différents tissus de luxe de motifs très stylisés puis s’affirme dans deux velours de soie d’Iran (XVIe-XVIIe siècles) où deux personnages sont représentés en pied. Loin de traduire les maladresses ou hésitations de certains artisans, ces différents styles correspondent à une évolution des mentalités.

«”ˆDe Cordoue à Samarcande. Chefs-d’œuvre du nouveau musée d’Art islamique de Doha”ˆ», musée du Louvre, aile Richelieu, Paris, du 30 mars au 26 juin 2006.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°580 du 1 mai 2006, avec le titre suivant : L’art islamique fleurit à Doha

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