fondation

L’art en lettres

L'ŒIL

Le 1 décembre 1999

Quelle place occupe l’écriture de nos jours dans la création contemporaine ? Tout au long de cette exposition, notre collaborateur Philippe Piguet tente de répondre à cette question en s’appuyant sur un choix d’œuvres précis. On admets volontiers que l’importance de l’écrit n’a cessé de croître ces dernières années au sein des œuvres d’art, cette utilisation se divise principalement en trois registres d’écriture : l’écrit, le mot, le texte. Le premier ensemble sous-entend l’écrit comme forme ou plus encore comme matériau, recherché pour son effet plastique sans souci de désignation. Clara Halter, telle Pénélope sur sa tapisserie, dessine inlassablement une lettre microscopique, enchaînant les m, passant aux n, faisant de son travail l’expression même de l’espace temps. À ses côtés on peut citer Christian Perrais qui puise dans de vieux manuscrits des mots prestigieux signés Victor Hugo ou Saint John Perse, avant de s’en emparer, les agrandissant en des formes purement graphiques. On ne saurait aborder le mot sans penser à Ben dont c’est l’essence même de l’œuvre. Pour l’exposition il réitère ce qu’il a imaginé sur la façade du Conservatoire de musique de Blois : un mur de mots, effet garanti. Le texte enfin est parfois aussi important si ce n’est plus que l’objet. En témoigne le banc en granit de Jenny Holzer, support de réfléxions méditatives. Il peut également servir d’accompagnement comme chez Sophie Calle dans L’Hôtel, Chambre n°45 ou d’écho pour Jean Le Gac dans Le Dimanche du peintre, véritable mise en abyme de l’identité d’artiste.

LES MESNULS, Fondation Guerlain, jusqu’au 19 décembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°512 du 1 décembre 1999, avec le titre suivant : L’art en lettres

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