Jeudi 13 décembre 2018

Paris 3e

La valise de Capa se fait la malle dans la scéno

Musée d’art et d’histoire du judaïsme jusqu’au 30 juin 2013

Par Christine Coste · L'ŒIL

Le 19 avril 2013 - 377 mots

Lorsqu’en 2008, les négatifs contenant quatre mille cinq images de la guerre civile d’Espagne signées Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour, dit Chim, réapparurent à Mexico, ce fut un événement.

Regroupées sous le vocable « la valise mexicaine », les trois petites boîtes de films organisés et indexés dont on avait perdu la trace depuis 1940 allaient révéler leur contenu. Reversées au Centre international de la photographie – l’ICP, fondé à New York par Cornell Capa, le frère de Robert Capa –, elles furent l’objet d’une première exposition à l’ICP avant que cette dernière ne dévoile, en Espagne puis aux Rencontres d’Arles édition 2011, le bouleversant témoignage du conflit que les trois photographes couvrirent de 1937 à 1939, jusqu’en juillet 1937 pour Gerda Taro, morte à 26 ans sur le front de Brunete sous un tank républicain.

Au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris, dès les premières planches-contacts et tirages de Gerda Taro, on prend la mesure de l’engagement militant de chacun, mais aussi des combattants et des civils comme des ravages de la guerre. Auteur par auteur, le conflit en images renvoie aux combats, à la résistance des civils, aux espoirs, aux peurs, aux destructions et à la mort de ses combattants républicains ou civils, à l’histoire personnelle aussi de ces trois photographes, qui, victimes dans leur pays d’origine de l’antisémitisme et de l’arbitraire, ont fait de la lutte des Républicains espagnols contre le fascisme leur propre combat.

Taro, Chim puis Capa, le parcours déroule planches-contacts, tirages et parutions dans la presse internationale, notamment française. La personnalité, le langage photographique de chacun, ressort. Taro à la différence de Capa photographiant au plus près, et fréquemment, la mort des civils ou des combattants. Quelques rares portraits d’eux s’immiscent, ceux émouvants, en particulier, de Taro endormie ou avec Capa, son compagnon, à la terrasse du Dôme, prises à Paris en 1935 et 1936 par Fred Stein qui les fit se rencontrer. Des films sont également projetés.

La force des images, des récits, se trouve toutefois prise ici dans la scénographie emphatique de Patrick Bouchain (banderoles, tirages enserrés dans des chevalets porte-voix) qui n’apporte rien. Au contraire, elle agace, voire dessert le vintage ou le tirage, et ne rend pas toujours lisibles (et visibles) les planches-contacts. 

« La valise mexicaine, les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole », Musée d’art et d’histoire du judaïsme, 71, rue du Temple, Paris-3e, www.mahj.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°657 du 1 mai 2013, avec le titre suivant : La valise de Capa se fait la malle dans la scéno

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