Jeudi 20 septembre 2018

La Salpêtrière selon Puryear

L'ŒIL

Le 1 octobre 1999 - 207 mots

Produire une œuvre pour l’espace de la Chapelle de la Salpêtrière est un jeu risqué tant les dimensions et la monumentalité de l’édifice constituent un piège subtil pour toute forme d’art contemporain. Martin Puryear a donc choisi de composer avec la verticalité de la coupole, ce puits central de lumière. La sculpture monumentale qu’il a réalisée à cet effet mesure près de 30 m de hauteur et s’intercale parfaitement dans cette architectonique puissante. Formé aux techniques d’ébénisterie, Martin Puryear s’est fait connaître à la fin des années 60 par une série de sculptures en bois. Les observateurs attentifs n’avaient pas manqué de remarquer dans ces formes suspendues une opposition entre la densité de leur présence et ce vide central, omniprésent, qui indiquait un espace en attente d’occupation. Fasciné par les métissages, la fusion entre les cultures, Martin Puryear démontrait alors que chacune de ses pièces pouvait être considérée comme un sanctuaire, un lieu magique à partir duquel le spectateur pouvait retrouver et repenser les grands modèles qui ont forgé sa personnalité. Martin Puryear préfère donc l’anonymat. Il n’est qu’un artisan qui répond à ses propres commandes et propose au public des œuvres à investir avec le corps et l’esprit.

PARIS, Chapelle de la Salpêtrière, jusqu’au 1er novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°510 du 1 octobre 1999, avec le titre suivant : La Salpêtrière selon Puryear

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