Vendredi 14 décembre 2018

Lens (62)

La « Renaissance » à Lens

Musée du Louvre-Lens - Jusqu’au 11 mars 2013

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 22 janvier 2013 - 353 mots

Si le grand événement de l’inauguration du Louvre-Lens réside incontestablement dans l’ouverture de sa très attendue galerie du Temps, les organisateurs n’ont pas pour autant lésiné sur l’exposition temporaire initiale.

Avec plus de deux cent cinquante pièces de la Renaissance, le Louvre-Lens place en effet la barre très haut et signe une superbe exposition. Suivant le parti pris conceptuel de la galerie du Temps – à savoir, confronter des œuvres contemporaines issues de différentes cultures ou écoles –, elle présente, dans une scénographie nettement plus traditionnelle, la profonde transformation des arts entre 1400 et 1530 ainsi que les interactions entre les artistes européens. Des rapprochements qui donnent lieu à des dialogues qui font mouche, comme celui qu’entretiennent les portraits réalisés par Memling et Bellini.

Évidemment, il y a pléthore de chefs-d’œuvre : la Sainte Anne de Léonard de Vinci, l’Érasme d’Holbein, L’Annonciation de Van der Weyden, mais aussi une grande Vénus de Botticelli, que l’on redécouvre après plusieurs années de restauration. Moins célèbre mais très spectaculaire, l’Arc de Triomphe de l’Empereur Maximilien Ier de Dürer, constitué de l’assemblage de trente-six gravures d’ordinaire conservées séparément dans un portefeuille, représente une des pièces maîtresses de la sélection et sa présentation, un événement dans l’événement.

Outre les arts plastiques, l’exposition fait ainsi la part belle aux arts graphiques – on retiendra notamment de très belles feuilles de la main de Raphaël et de Michel-Ange –, mais également aux arts décoratifs, à travers une vaste sélection d’objets, embrassant l’émail, le verre, le métal et le mobilier. Toutes ces pièces, présentées en fonction de grands thèmes – la représentation de l’espace, du corps, l’essor des nouvelles technologies ou encore l’humanisme – tissent un discours pertinent et assez novateur sur cette période, dont l’approche s’est longtemps cantonnée à la seule peinture italienne. Bref, on ne saurait bouder son plaisir face à une telle réunion de chefs-d’œuvre et un propos intelligent, à même de toucher différents publics, selon des grilles de lecture allant de la simple délectation au plaisir le plus érudit.

Voir « Renaissance. Révolutions dans les arts en Europe 1400-1530 »

Musée du Louvre-Lens, rue Paul-Bert, Lens (62), www.louvrelens.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°654 du 1 février 2013, avec le titre suivant : La « Renaissance » à Lens

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