Lundi 20 septembre 2021

Histoire

Vif (38)

À la recherche de l’antique Égypte

Musée Champollion - Jusqu’au 21 novembre 2021

Par Marie Zawisza · L'ŒIL

Le 24 août 2021 - 323 mots

« Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours » : c’est un peu la devise de Jean-Claude Golvin, qui exprime sa méthode de restitution graphique des monuments anciens.

À partir de vestiges archéologiques comme de textes, cet architecte, archéologue et ancien chercheur au CNRS ressuscite par ses crayons les sites antiques. Le Musée Champollion, à Vif, en Isère, inauguré en mai 2021 au sein de la maison conservée par les descendants du frère de l’égyptologue, consacre sa première exposition au travail de cet étonnant chercheur autour des sites égyptiens. Dans les dépendances de cette propriété devenue le premier lieu muséal en France entièrement dédié à l’égyptologie, 42 aquarelles nous font ainsi voyager des plaines fertiles de la vallée du Nil aux ouadis désertiques, en passant par villes, ports, forteresses, palais ou temples de l’ancienne Égypte. En route ! Nous voici transportés devant l’obélisque de Louxor avec le père de l’égyptologie, coiffé d’une chéchia présentée dans les vitrines du musée ! Jean-Claude Golvin s’est inspiré pour ce dessin d’estampes et de photographies anciennes représentant le temple de Louxor au XIXe siècle. Pour reconstituer un quartier de Tell el-Amarna, fondée par Akhenaton, il a étudié les ruines du site et remonté les murs. Pour la forteresse de Bouhen, érigée au Moyen Empire et engloutie par la création du lac Nasser dans les années 1960, il s’est plongé dans des dessins de ce site découvert au XIXe siècle et des relevés d’expéditions. Mais nous voici soudain face à la destitution de l’obélisque de Thoutmosis III, à Karnak en 330, à la demande de l’empereur Constantin. Pas question ici non plus de laisser libre cours à l’imagination : aidé d’ingénieurs des arts et métiers, le chercheur a étudié l’emplacement des glissières et des cabestans, la puissance des câbles, le poids des charges... Une épopée architecturale envoûtante pour petits et grands, qui s’achève sur une évocation du jeu vidéo Assassin’s Creed Origins, auquel Golvin a contribué pour les décors.

« Restituer l’Égypte antique. Voyage architectural, de Jean-Claude Golvin à Assassin’s Creed »,
Musée Champollion, 45, rue Champollion, Vif (38), musees.isere.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°746 du 1 septembre 2021, avec le titre suivant : À la recherche de l’antique Égypte

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