Mercredi 19 février 2020

Villeneuve-d’Ascq (59)

Là où commence l’exposition

LaM, Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut jusqu’au 10 janvier 2016

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 22 octobre 2015 - 437 mots

« Ceci n’est pas une exposition, mais une expérience », pourraient dire, paraphrasant Magritte, les commissaires de la nouvelle exposition du LaM.

Marc Donnadieu, conservateur au musée, parle d’ailleurs plus volontiers d’« exploration », d’« odyssée » et de « parcours poétique », que d’« exposition ». Et pourtant, les œuvres sont là, bel et bien là même ; l’expérience réside dans l’invitation à suivre un parcours et dans la présentation des œuvres, qui vont du Moyen Âge à 2015.

Le parcours, d’abord, est un chemin quasi ésotérique. « Là où commence le jour » convie le visiteur à faire un voyage sensible « où lui sont révélées la perception et la conscience que l’être humain a des savoirs, des symboles, de la nature, du corps, de la création, de l’espace et du temps ». Rien que cela ! La scénographie est ainsi articulée comme un récit, qui commence par un « Prologue » (l’aube) et se termine par un « Épilogue » (le crépuscule) avec, entre les deux, divers thèmes développés, dont « Le monde n’est qu’illusion », « Les prêtresses », « Les quatre éléments » et « Au bord du monde ». « Le début du voyage », l’une des très belles salles du parcours, rapproche par exemple un Saint Christophe traversant l’eau gravé par Dürer (1511) d’Infini, un corps de cheval en bronze coiffé d’un crâne doré, de Thomas Lerooy (2007), ainsi que d’une « étude sur le passé » de Laurent Grasso. L’exposition se démarque d’ailleurs par ces rapprochements très réussis d’œuvres, d’ouvrages anciens et d’objets, comme ce cabinet de curiosités où cohabitent le fabuleux et l’extraordinaire (la montre sphérique, objet scientifique de Jacques de La Garde, avec Les Messagers de la mort décapités, L’Annonciateur du froid de Jan Fabre). Ce récit se poursuit sur le Net, sur un site développé pour l’occasion et qui se substitue au catalogue papier. Là encore, il s’agit autant d’une expérience pour le visiteur que pour le musée qui enrichit le site Internet au fur et à mesure de l’exposition, rendant aussi accessibles certaines vidéos d’artistes – ce qui devrait être la règle pour toute vidéo d’artiste !

La présentation des œuvres ensuite : le musée a fait le choix de ne mettre aucun cartel sous les œuvres, information qu’il faut donc aller chercher sur une tablette numérique mise à disposition dans les salles (ou sur le site Internet). Il se dégage de la déambulation un sentiment étrange mais agréable de perte de repères, où chaque œuvre s’ouvre à l’interprétation. Une invitation à vivre une exposition dans laquelle le visiteur est le propre héros, en somme.

« Là où commence le jour »

LaM, 1, allée du Musée, Villeneuve-d’Ascq (59), www.la-ou-commence-le-jour.fr

Légende photo
Vue de la salle « Objets mystérieux, armes magiques » de l’exposition « Là où commence le jour », présentée au LaM – Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, jusqu’au 10 janvier 2016 dans le cadre de lille3000 - Renaissance. Photo : N. Dewitte / LaM.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°684 du 1 novembre 2015, avec le titre suivant : Là où commence l’exposition

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