Samedi 15 décembre 2018

La maison-musée d’Ernest Hébert

L'ŒIL

Le 1 mars 2004 - 369 mots

Il est verni Hébert. Deux musées pour lui tout seul – l’un à Paris, l’autre à La Tronche près de Grenoble – c’est bien de la chance, pour un peintre académique de second plan.

Ernest Hébert (1817-1908) fut l’élève de David d’Angers puis de Paul Delaroche, avant d’obtenir le Grand Prix de Rome en 1839. L’Italie sera sa patrie d’élection, il y passera en tout trente années. Par la suite il fait une brillante carrière : il est nommé membre de l’Institut, professeur à l’École des beaux-arts, directeur, par deux fois, de la villa Médicis (en 1868-1872 et en 1885-1890). Hébert est un portraitiste mondain très recherché. Souffrant d’un problème à la jambe, il évite les commandes de grands décors. On lui doit cependant celui de l’abside du Panthéon (1884). L’auteur de La Mal’aria (son tableau le plus connu et son premier grand succès au Salon de 1850) apparaît comme un peintre un peu hésitant entre sa formation néoclassique, un certain romantisme, un réalisme tempéré, puis un symbolisme diffus.

Le « clos Hébert », à La Tronche, est une propriété familiale où l’artiste passe les mois d’été. À sa mort, sa femme Gabrielle d’Uckermann décide d’en faire un musée dédié à l’œuvre de son mari. Inauguré en 1935, le musée sera donné au département de l’Isère par le fils adoptif de Gabrielle, René Patris-d’Uckermann, qui est également le fondateur du Musée national Hébert à Paris. Après deux ans de travaux de rénovation et de réaménagement, l’établissement vient de rouvrir ses portes au public. Si le fonds d’œuvres d’Hébert et de ses amis artistes est relativement modeste, le lieu n’en est pas moins très attachant, car il offre un bel exemple de maison de peintre.

Les espaces, salons, salle à manger, chambres, atelier, ont été reconstitués, avec le mobilier et
les objets amoureusement choisis par l’artiste, les souvenirs d’Italie, faïences, petits tableaux, et les souvenirs de la vie familiale et sociale. Le jardin, avec son allée ombragée, son bassin en terrasse, son grand masque antique, et même son environnement de montagnes (la chaîne de Belledone) participe de ce goût « artiste » imprégné de références italiennes. Il y a même un tombeau : celui d’Hébert lui-même !

LA TRONCHE (38), musée Hébert, tél. 04 76 42 97 35

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°556 du 1 mars 2004, avec le titre suivant : La maison-musée d’Ernest Hébert

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