La création s’exhibe à Saint-Étienne

Programmation étoffée et durée allongée pour la 8e édition d’\"Art dans la ville\" ?

Le Journal des Arts

Le 14 juin 2002

Devenue l’un des rendez-vous majeurs de la vie culturelle stéphanoise, la manifestation \"Art dans la ville\" ? a investi cette année plus de quatre-vingt-cinq lieux. Caractérisée par une programmation de qualité, cette huitième édition, qui s’est déroulée
du 29 mai au 12 juin, a pris une nouvelle ampleur comme en témoigne, également, l’allongement de sa durée à deux semaines.

SAINT-ÉTIENNE - Comme chaque année à la même époque, Saint-Étienne est devenu durant quelques jours un laboratoire artistique géant, accueillant des créateurs de tous horizons. “Exhibition” a été, pour cette édition, le thème retenu, renvoyant en miroir la question première qui se pose à toute démarche artistique : pourquoi et comment exposer et donc s’exposer ? Parmi la vingtaine de projets labellisés, c’est-à-dire ayant reçu une aide financière et logistique de la mairie, on pouvait remarquer quelques belles réussites comme, par exemple, l’exposition conçue par Nicolas Delprat et Stéphanie Garzanti qui ont su parfaitement tirer parti de l’architecture et de la symbolique du lieu qui leur était confié : d’anciens ateliers textiles (ateliers Jeanne Laurent) reconvertis en centre de répétitions pour les compagnies théâtrales et chorégraphiques indépendantes. Entre les différentes œuvres présentées se distinguaient en particulier la vidéo de Virginie Polanski, L’Araignée – qui, montée à l’envers, montrait une femme en train de tisser ses bas (alors que son geste est en fait de les filer) –, ou encore la double projection de Robin Nicolas recréant un dialogue fictif à partir d’images et de messages personnels capturés sur Internet. À cette ambiance feutrée répondait d’une certaine manière l’intimité de l’espace de la galerie 9 bis, qui abritait, sur une proposition de Julien Fronsacq, deux œuvres de Renaud-Auguste Dormeuil. L’artiste interrogeait avec intelligence et ironie la thématique de la manifestation en révélant dans sa vidéo, sous la forme d’une visite guidée, le système de sécurité et de protection des collections permanentes du Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

Diversité d’approches et de thématiques
L’un des principaux atouts de cette manifestation fut de faire découvrir aux visiteurs des créateurs contemporains, en même temps que des lieux atypiques : de l’École des beaux-arts à l’office du tourisme, en passant par le Théâtre de l’Usine, ou des appartements municipaux en cours de réhabilitation, le parcours offrait une diversité d’approches et de problématiques liées autant aux expressions de chacun qu’aux contextes variés dans lesquels elles s’inscrivaient. Les institutions, lieux de diffusion traditionnels, ne furent bien sûr pas en reste. Le fameux Musée d’art et d’industrie a pour l’occasion ouvert ses salles d’expositions temporaires aux très dénudés modèles de Nicole Tran Ba Vang. La photographe y présentait une nouvelle série dans laquelle le corps sert d’écrin à une collection de bijoux, qui apparaissent moins comme des parures que comme des tatouages laissant une empreinte indélébile sur la peau. Le Musée de la mine, l’Espace Fauriel et l’hôtel Colcombet accueillaient, quant à eux, des expositions collectives réunissant des artistes de même nationalité comme des Mexicains lauréats de la Biennale de Monterrey, des Anglais, ou encore des Tchèques dont le pays bénéficie cette année d’une saison en France. Le Festival de musiques innovatrices, des performances, et de la danse sont venus parachever le décor, donnant s’il en était encore besoin à “Art dans la ville” un peu plus de “corps”.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°151 du 14 juin 2002, avec le titre suivant : La création s’exhibe à Saint-Étienne

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