galerie

La bibliothèque sans fin de Boeno

L'ŒIL

Le 1 septembre 2000 - 230 mots

Pénétrer dans l’œuvre de David Boeno revient à entrer dans un vaste labyrinthe où l’on poursuit à l’infini un récit qui jamais ne surgit. Composé de citations, de fragments de textes anciens (des philosophes grecs jusqu’aux traités scientifiques du XVIIe siècle), d’images issues des sources les plus diverses, Le Site – puisque tel est le nom de cette étrange œuvre – se présente sous la forme d’un CD-Rom. Ici, nul début ni fin. Les éléments textuels s’enchevêtrent au gré des recherches et de la navigation du public. Les arcanes de cette encyclopédie sans limites apparentes laissent imaginer que nous sommes aux confins de la fameuse Bibliothèque sans fin de Borges, cette fameuse bibliothèque où tout ce qui peut être dit a déjà été dit. David Boeno s’interroge sur la perception et la transmission du savoir. Le spectateur entre dans une sorte de poursuite illimitée avec le temps. Que cette interrogation passe essentiellement par des textes et œuvres anciennes, rien de plus logique : ne sommes-nous pas face au socle de notre culture occidentale ? Afin de compléter cette œuvre, David Boeno a placé devant les baies vitrées de la galerie des sortes de lignes d’eau, dénommées Primes-abreuvoirs, qui diffractent la lumière en une série d’arc-en-ciel. Au spectateur de se construire ensuite son propre parcours, de poursuivre au gré de sa fantaisie sa promenande.

TRÉDEZ, galerie du Dourven, 9 septembre-5 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°519 du 1 septembre 2000, avec le titre suivant : La bibliothèque sans fin de Boeno

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