Mercredi 13 novembre 2019

Cinéma

Cinémathèque française

Kubrick’s Cube

Jusqu’au 31 juillet 2011

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 20 avril 2011 - 392 mots

À la conférence de presse de la rétrospective Kubrick, la veuve du cinéaste américain, Christiane Kubrick, déclarait ceci : « Stanley serait très flatté de tout cela. Il lisait les critiques français et disait : « À Paris, ils m’aiment ! »

Oui, on l’aime car c’est un vrai créateur d’images. Comment oublier l’os devenant vaisseau spatial dans 2001, l’Odyssée de l’espace ? Les sculptures phalliques d’Orange mécanique ? L’éclairage à la bougie de Barry Lyndon ou encore l’ascenseur rouge sang de Shining ? Mission impossible.

La Cinémathèque française consacre à Stanley Kubrick (1928-1999), artiste majeur du xxe siècle, une exposition invitant le public à pénétrer les coulisses d’une œuvre qui « a ouvert le champ des possibles au cinéma » (Scorsese). Déployés sur 1 000 m², tous ses chefs-d’œuvre se présentent à nous, à travers une foultitude d’archives. Scénarios, notes, photos, costumes et accessoires, maquettes à grande échelle et installations numériques font ressentir à quel point ce cinéaste maîtrisait tous les paramètres de la fabrication d’un film. 

De ses débuts dans les années 1940 comme photographe pour le magazine Look jusqu’à son ultime film achevé en 1999 (Eyes Wide Shut), en passant par ses projets avortés (Napoléon, Aryan Papers), on a une vue globale sur sa démarche. C’est à la fois passionnant, on apprend plein de choses sur ses méthodes de travail et sur ses divers collaborateurs (le décorateur Ken Adam, les graphistes Philip Castle et Saul Bass…), et très émouvant. Car derrière l’œuvre, qui a trop longtemps souffert d’une lecture analytique réduisant ses opus à des « films-cerveaux » (Gilles Deleuze, Michel Ciment), on redécouvre l’homme. 

Non, Kubrick n’était pas un monstre froid, c’est une expo-hommage qui humanise l’artiste. On l’aperçoit aimant travailler en famille, on s’attarde sur la part charnelle de son cinéma (de la sensuelle lady Lyndon au grain de l’image d’Eyes Wide Shut) et on devine son humour : il est souvent souriant sur les photos de plateau. Bref, tout Kubrick est là. Et la pédagogie, via panneaux explicatifs et audioguides, est remarquable. Dommage que cette expo-somme ne montre pas l’influence de Kubrick sur bon nombre de plasticiens actuels. Ainsi, on aurait apprécié voir exposées des œuvres signées Virginie Barré, Claude Lévêque, Nicolas Giraud et autres Space Invaders.

Voir

« Stanley Kubrick, l’exposition », Cinémathèque française, 51, rue de Bercy, Paris XIIe, www.cinematheque.fr, jusqu’au 31 juillet 2011.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°635 du 1 mai 2011, avec le titre suivant : Kubrick’s Cube

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