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Kirili et Carpeaux, face à face existentiel

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 avril 2002

Modelage, assemblage, construction, pièce unique et édition, l’art d’Alain Kirili se nourrit de toutes les possibilités plastiques de la sculpture, sans distinction de genre, de matériau et de modèle. Retrouver le sculpteur à Valenciennes, chez Carpeaux, ne surprendra pas ceux qui connaissent sa passion pour le modelé, une pratique en phase avec la pensée en acte, dans le vif toujours tumultueux de la création, et dont témoignent les esquisses de Carpeaux. Cette manière de sculpter dont la tradition pourrait apparaître antinomique au regard d’une attitude qui se veut contemporaine est au contraire pour Kirili l’occasion d’affirmer ce qui le signe : un rapport de puissante sensualité avec le matériau employé. Absolument autonomes, les terres modelées de Kirili sont pleines, cuites dans la densité de leur matière. D’un mode jusque-là réservé à la seule étude, il a fait un moyen d’expression à part entière dans différentes séries dont trois sont notamment présentées à Valenciennes, La vague (1988), Venise II et Harlem’s rythms (1991-92). Qu’il s’agisse des œuvres en terre, mais aussi d’autres en cire et de dessins dont la liberté de traits est égale, le dialogue institué par cette rencontre entre les deux artistes est fort de l’évidence revendiquée du corps à l’œuvre. Chez l’un comme chez l’autre, il y va d’une nécessité proprement existentielle, comme si la sculpture avait pour finalité de clamer tant le simple bonheur du vivant que celui de survivre.

- VALENCIENNES, Musée des Beaux-Arts, bd Watteau, tél. 03 27 22 57 20, 6 avril-23 septembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°535 du 1 avril 2002, avec le titre suivant : Kirili et Carpeaux, face à face existentiel

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