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Kermadec, adhérer à la vie

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 décembre 1999

Né à l’extrême fin du siècle dernier, disparu en 1976, Eugène de Kermadec aurait fêté ses cent ans en cette veille de l’an 2000. La galerie Louise Leiris avec laquelle il a travaillé de nombreuses années lui consacre ses cimaises toutes fraîchement rénovées pour célébrer l’événement. La centaine d’œuvres sur papier réunies vise à mettre l’accent sur une pratique qui est invariablement présente tout au long de son œuvre. Aquarelles, pastels et techniques mixtes y sont autant de techniques familières qui permettent à l’artiste de développer une écriture déliée très personnelle et de retenir du motif l’essentiel des choses. Ainsi qu’en témoigne tant son Étude pour le verre d’eau de 1949 que ses Trois Grâces de 1970-1971, l’art d’Eugène de Kermadec est fondé sur la quête d’un accord profond qui passe par la mise en œuvre de mouvements intérieurs permanents. Dans cette façon, la part graphique est considérable parce qu’elle est la première étape à l’expression des flux et de la vitalité du monde extérieur. C’est elle qui participe à la création de formes dans l’intrication d’un jeu de lignes et de signes qui font sens. « Cette signification par laquelle on tente de s’approprier le monde n’est rien d’autre en fait qu’une opération magique, une expérimentation ou une vérification de la connivence de l’homme et des choses » notait de Kermadec en 1962. Images d’intérieurs, études de nus, thèmes paysagers et scènes tauromachiques composent l’inventaire iconographique d’une œuvre placée sous le signe d’une adhésion pleine et entière à la vie.

PARIS, galerie Louise Leiris, jusqu’au 15 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°512 du 1 décembre 1999, avec le titre suivant : Kermadec, adhérer à la vie

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