centre culturel

Ken Lum, questions d’identité

L'ŒIL

Le 1 mai 2002 - 255 mots

Ce printemps, c’est au tour de l’artiste Ken Lum d’investir les salons du dynamique Centre culturel canadien. De grands panneaux, de ceux que l’on rencontre fréquemment sur le pas de portes des petits commerces au Canada ou aux Etats-Unis envahissent l’escalier et les premières salles. La partie supérieure est généralement occupée par un logo ou le nom de l’enseigne alors que la partie inférieure présente un message quotidiennement changé par le propriétaire. Mais ici, l’artiste recompose une nouvelle phrase en total décalage avec ce à quoi nous sommes habitués. Avec ses pièces, Ken Lum, l’un des plus fameux artistes de l’école de Vancouver avec Jeff Wall et Roy Arden, s’interroge sur la perte d’identité de ces petits commerçants, généralement issus de l’immigration et qui lentement construisent une culture aux emprunts multiples. Dans les salles suivantes, Ken Lum reprend les notices nécrologiques publiées dans les quotidiens de Colombie britannique. L’hommage aux défunts prend ici la forme de grands tableaux qui monumentalisent une parole destinée à l’espace public du journal d’information. Ces notices évoquent la disparition de personnes d’origine française depuis longtemps installées dans ce territoire du bout du monde. Avec cette sobre et magnifique présentation, Ken Lum démontre combien la démarcation entre une sphère de l’intime et un espace public devient de plus en plus floue, au point d’incarner toutes les tentations identitaires, même si elles reposent ici sur l’humour ou l’émotion face à la perte d’un être cher.

- PARIS, Centre culturel canadien, 5, rue Constantine, tél. 01 44 43 21 90, 8 mars-1er juin.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°536 du 1 mai 2002, avec le titre suivant : Ken Lum, questions d’identité

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