Vendredi 19 octobre 2018

Jean-François Jonvelle

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 19 juin 2008 - 356 mots

Lubrique comme Kubrick. La galerie Dina Vierny rend hommage au photographe libertin Jean-François Jonvelle (1943-2002) via dix-sept photos en noir et blanc, sélectionnées par Olivier Lorquin, directeur de la galerie, et Didier Poupard, agent de l’artiste.

Les prix oscillent entre 1 500 euros (édition 1/15) et 6 000 euros  (vintages et grands formats).
Ce qui est frappant, lorsqu’on entre dans cet espace-écrin aux cimaises habillées de bois, c’est un grand cliché (Sans titre, 1983, 165 x 112 cm) d’une jolie femme nue assise sur une cuvette de toilettes, qui rappelle inévitablement une image culte : Nicole Kidman nue dans la salle de bains d’Eyes Wide Shut (1999). En 1998, Kubrick se posait des questions sur la façon la plus vraie de filmer les femmes. Étant tombé sur un livre de Jonvelle, il lui avait demandé de venir à Los Angeles avec des photos pour s’en entretenir avec lui.

Jonvelle, se définissant lui-même comme un « obsédé sexuel sentimental », avait un don particulier, de l’ordre de l’ineffable, pour capter des « instants », des « moments » de la beauté naturelle des femmes. Ses clichés de Tina, de Béatrice et autres muses sont sans fard ; il ne s’agit pas de les transformer en statues de marbre façon Helmut Newton.

Au détour d’un lit défait ou d’une cuisine en désordre, nous découvrons, souvent saisis dans leur abandon matinal, des corps féminins caressés par une lumière voluptueuse, révélant bientôt une cuisse duveteuse, une nuque fragile, des paupières fermées, des cheveux mouillés, un grain de beauté malicieux. On baigne alors dans un petit paradis du quotidien, véritable invitation à l’amour. On sent bien que ce n’est pas de la simple photo de charme, mais un vrai regard d’« amoureux-photographe ».

Ces photos, élégamment érotiques et pleines de tendresse, témoignent d’un amour fou pour les femmes, leur personnalité, leur caractère : « En fait, ce que j’aime chez une femme, ce n’est pas tant ses charmes que son charme », disait Jonvelle. Bref, c’est une expo qui donne envie d’être amoureux, ou coquin...

« Jean-François Jonvelle », galerie Dina Vierny, 36, rue Jacob, Paris VIe, galeriedinavierny.com, jusqu’au 20 septembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°604 du 1 juillet 2008, avec le titre suivant : Jean-François Jonvelle

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