Vendredi 19 octobre 2018

galerie

Intruse Elisa

L'ŒIL

Le 1 mai 2000 - 203 mots

L’atmosphère « luministe » des photographies de Elisa Sighicelli lui ont valu de nombreux parallèles avec les toiles de grands maîtres, tels Rembrandt, Vermeer ou Hopper. Cette lueur indescriptible, elle l’obtient grâce à l’utilisation de boîtes lumineuses sur lesquelles toutes ses photos sont montées. Un néon éclaire de l’intérieur certains points précis de l’image lui conférant une intensité troublante, presque divine. Ce rayonnement émanant du centre même de l’œuvre la rapprocherait aussi des effets incandescents de George de La Tour. Étudiante, l’artiste italienne se familiarisait déjà avec ce qui allait devenir la teneur même de sa démarche, en prenant des clichés de fenêtres éclairées dans la nuit londonienne. Depuis elle s’intéresse davantage aux ambiances intimistes des intérieurs. La série présentée à la galerie Zürcher s’attache aux chambres d’hôtel parisien, certes plus impersonnelles mais tellement chargées de vécu. Elle les choisit modestes, sans désordre domestique, vides surtout de toute présence humaine. La lumière peut alors y régner en maîtresse absolue. Cependant chaque pièce, chaque lit est un rappel de la disparition de l’être, de l’absence palpable des corps. La quête d’Elisa semble se résumer en ces quelques mots : « objets inanimés avez-vous donc une âme ? »

PARIS, galerie Zürcher, jusqu’au 20 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°516 du 1 mai 2000, avec le titre suivant : Intruse Elisa

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