Vendredi 19 octobre 2018

Hokusai, du manga au surimono

L'ŒIL

Le 1 novembre 1999 - 380 mots

De son vivant Katsushika Hokusai (1760-1849) fut considéré comme un excentrique, vertu suprême pour un artiste japonais au début du XIXe siècle.

Grâce à cette qualité rare, il allait révolutionner la peinture japonaise et l’art difficile de l’estampe, du manga et du surimono (livre illustré). Organiser une rétrospective de cet artiste n’est donc pas chose aisée tant son œuvre fut abondante et multiple. C’est pourtant ce que vient de réaliser avec le plus grand soin le professeur Gian Carlo Calza.

Peintures, estampes, livres illustrés, manuels pédagogiques, rythment le parcours de cette monumentale exposition. « Notre but était de trouver des œuvres en parfait état de conservation. La réussite de l’ensemble tient à des pièces souvent inédites et d’une grande beauté plastique. Nous exposons également un ensemble exceptionnel de peintures et d’ouvrages illustrés. Il était impossible de tout montrer tant la production d’Hokusai est immense. Nous n’avons eu aucun problème pour retrouver la plupart des mangas où il illustrait des œuvres classiques. Souvent ces ouvrages étaient tirés à près de 10 000 exemplaires. En ce qui concerne les estampes, notamment celles célèbrissimes des Cent Vues du mont Fuji, la difficulté consistait à trouver des volumes complets d’une pièce tirée à très peu d’exemplaires. Mais, je pense que les visiteurs seront surtout passionnés par l’incroyable variété de style qu’il a adopté tout au long de sa vie. Dans ses premières œuvres, les figures sont délicates et gracieuses. Très rapidement, il s’oriente vers une recherche plus psychologique des personnages et des paysages. Il ne faut jamais oublier que cet artiste refusait la facilité. Dès qu’il maîtrisait un style, il s’obligeait à une rupture. C’est sans doute cette exigence qui l’a conduit à révolutionner la peinture classique. Il n’est pas le seul à le faire, mais il est celui qui poussera les conséquences de son geste le plus loin. Quant au fait de savoir si, comme le veut la légende, les premiers Hokusai sont bien arrivés en France en tant que papier d’emballage, c’est tout à fait possible. Cependant l’anecdote n’a été consignée qu’en 1905, soit près de 50 ans après. En tout cas, l’intérêt des Occidentaux, et notamment des artistes français, débute très tôt, sans doute dès les années 1840. »

MILAN, Palazzo Reale, éd. Electa, 530 p., 500 ill., jusqu’au 9 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°511 du 1 novembre 1999, avec le titre suivant : Hokusai, du manga au surimono

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