Habits à la française, redingotes, gilets et fantaisies contemporaines

L'ŒIL

Le 1 janvier 2006 - 236 mots

Quel rapport peut-il y avoir entre un habit à bordure en satin vieil or, gilet en satin crème, broderie chenille polychrome de 1780 et une tenue d’Alexander McQueen pour la collection printemps-été 2005 ? À priori aucun. Pourtant, l’exposition ose ce type de rapprochement pour mettre en évidence certaines caractéristiques de la parure masculine qui ont traversé les siècles, ici un goût pour une ornementation très travaillée, avec de nombreux boutons et motifs. De même que la sobriété de la robe noire pour homme de Jean Paul Gaultier – collection haute couture printemps-été 1998 – pourrait faire écho aux redingotes et autres costumes noirs du XIXe siècle.

La peau devient vêtement
À l’inverse, d’autres créations d’aujourd’hui montrent des ruptures radicales, marquant le passage de l’homme sujet – dans le costume historique – à l’homme objet, en utilisant le corps et la peau comme éléments du vêtement. Les pièces fondamentales qui jalonnent l’exposition et qui posent les grandes « tendances » de la mode masculine au cours des siècles seraient, s’il ne fallait en retenir que trois, l’habit à la française, celui par lequel tout commence, porté par toutes les classes sociales, différenciées par le choix des étoffes, des tissus et de l’ornementation, le gilet XVIIIe, et enfin le vêtement contemporain, qui par sa fantaisie, sa liberté de formes, de couleurs et de matières, redonne à l’homme des XXe et XXIe siècles l’éclat et la « parure » qu’il avait perdus dans l’uniformité de la mode du XIXe.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°576 du 1 janvier 2006, avec le titre suivant : Habits à la française, redingotes, gilets et fantaisies contemporaines

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