Mercredi 12 décembre 2018

Musée de Grenoble Jusqu’au 30 mai 2010

Grenoble met de l’ordre dans ses dessins

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 26 avril 2010 - 356 mots

La magnifique Étude pour une tête d’homme barbu, exécutée à la pierre noire rehaussée de craie blanche sur papier bleu, est révélatrice de l’extraordinaire complexité du jeu des attributions en matière de dessin ancien.

Qui, de Giacomo Cavedone, il Domenichino ou Guido Reni, tous formés ensemble et réputés pour avoir réalisé ce type de dessin, pourrait en être l’auteur  ? Les chercheurs sont tentés, sans l’énoncer avec certitude, de l’attribuer par comparaison stylistique au plus célèbre du trio, Guido Reni, dont cette feuille serait alors une œuvre de jeunesse…

Depuis 2007, le musée de Grenoble a décidé de se replonger dans l’étude de son prestigieux patrimoine graphique resté jusque-là peu exploré. Riche de quelque trois mille cinq cents feuilles du xve au xviiie siècle, cet ensemble a été progressivement passé au crible par une équipe de spécialistes, afin de publier les dessins les plus importants, mais aussi d’en revoir les attributions.

Conçu en triptyque sur trois années, ce travail s’accompagne de trois expositions, une par an, montrant les plus beaux spécimens de ce fonds. La première, conçue par Éric Pagliano, Catherine Monbeig-Goguel et Philippe Costamagna, est consacrée au dessin italien, dont cent quatorze feuilles – sur près de huit cents numéros – font l’objet d’une présentation exceptionnelle.

Le parcours débute par le dessin le plus ancien de cet ensemble, rassemblant sur une même feuille – de manière assez rare – un saint Jérôme pénitent et un saint François recevant les stigmates. Entré sous le nom d’un artiste allemand, ce dessin est aujourd’hui donné avec certitude à l’école italienne de la fin du xve siècle, les chercheurs hésitant toutefois entre Bernardo Butinone et son collaborateur Bernardo Zenale.

D’autres feuilles sont tout aussi remarquables. Ainsi d’un très rare dessin dû à Annibal Carrache, considéré comme une étude pour un tableau conservé à la pinacothèque de Bologne, La Dérision du Christ (vers 1596), figurant la tête d’un bourreau tirant les cheveux du Christ et dévoilant, par sa composition incongrue, le processus créateur de l’artiste.

« De chair et d’esprit. Dessins italiens du musée de Grenoble », musée de Grenoble, 5, place Lavalette, Grenoble (38), www.museedegrenoble.fr, jusqu’au 30 mai 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°624 du 1 mai 2010, avec le titre suivant : Grenoble met de l’ordre dans ses dessins

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